‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 199 sur 454 · Dio, xl · texte numérisé non relu

Dio, xl

gea rien pour se l'attacher; il lui donna le titre d'ami*. 11 lui fit entrevoir, comme la récompense de ses services, ce haut degré de puissance où Celtill avait aspiré en vain. Mais il ne trouva point dans le jeune Arverne l'âme d'un Tasget ou d'un Cavarin : Vercingétorix avait trop de patriotisme pour devoir son élévation à l'avilissement de son pays, trop de fierté pour l'accepter des mains de l'étranger. Il s'éloigna donc de César. Retiré dans ses montagnes, il travailla secrètement à réveiller parmi les siens le sentiment de l'indépendance, à susciter des ennemis aux Romains. Quand l'heure favorable fut venue, il se montra au grand jour; dans les fêtes religieuses, dans les assemblées profanes, dans les réunions politiques-, partout, on le voyait employant son éloquence, sa fortune, son crédit, en un mot, tous ses moyens d'action sur les chefs et sur la multitude, pour les amener, comme dit un historien, aux droits de la vieille liberté gauloise3. Nul n'attendait avec plus d'anxiété la détermination des Carnutes, nul n'apprit avec plus de joie la nouvelle des événements de Génabum. Quoique la nuit fût déjà avancée, il fi prendre les armes à sa tribu, descendit de la montagne, et dès le point du jour entra dans Gergovie, proclamant l'indépendance de la Gaule.

Les habitants de Gergovie étaient divisés et le parti national hésitait au moment de franchir le dernier pas. La brusque apparition de Vercingétorix et de sa tribu causa de la surprise aux citoyens, et peut-être de l'effroi aux magistrats. Le parti romain profita de ce trouble ; ayant à sa tête Gobanitio, oncle de Vercingétorix, il força

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