‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 202 sur 454 · LIVRE VII. — CHAPITRE I. 2i · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE I. 2i

vailla à l'œuvre de l'indépendance avec d'autant plus 52 de zèle qu'il avait plus de fautes à réparer. Sa conversion fit grand bruit dans les conciliabules gaulois, et les chefs bellovakes et trévires s'empressèrent de s'associer à ses projets.

Labiénus, cantonné avec deux légions chez les Trévires, conçut la plus vive inquiétude de ce qu'il appelait la défection du chef gaulois; il résolut d'en prévenir les suites de la manière la plus expéditive et la plus sûre, en le faisant assassiner. Craignant que, s'il le mandait près de lui, Corn m n'obéît pas et ne se tînt sur ses gardes, il lui envoya C. Volusénus Quadratus, qui, sous le prétexte d'une conférence, devait prendre ses mesures pour se défaire de lui. L'Atrébate se trouvait alors sur le territoire trévire, occupé des affaires de la conjuration; Volusénus vint le trouver avec quelques centurions choisis. Lorsqu'ils furent en présence, Volusénus lui prit la main ; c'était le signal convenu ' : alors un des centurions s'approcha pour le tuer; mais troublé par la nouveauté d'une telle exécution ou retenu par l'escorte du Gaulois, il n'en put venir à bout ; toutefois il le frappa à la tête d'un violent coup d'épée, qui le fit tomber de cheval, baigné dans son sang2. Des deux côtés on mit le sabre à la main, moins pour se battre que pour assurer sa retraite ; les Romains croyant Comm mort ou mourant, et les Belges craignant tout après une telle perfidie. Le roi atrébate, transporté dans le plus prochain village, et de là chez sa nation, fut longtemps entre la vie et la mort; il se rétablit pourtant ; mais il jura « qu'il ne se trouve-

1. Quum in colloquium ventum esset, et, ut convenerat, manum Comii Volusénus arripuisset... Hirt., Bell. Gall., vin, 23.

2. Conficere hominem non potuit : graviter tamen primo ictu gladio caput percussit... Mortifero vulnere credebant affectum. Id., ibid.

52 « rait jamais face à face avec un Romain que sur le « champ de bataille 1. »

Cependant le centre et l'ouest envoyèrent sous les drapeaux de Vercingétorix une armée considérable; toutes les cités comprises entre la Seine, l'Océan, la Garonne et la Loire supérieure y concoururent, à l'exception des Bituriges et de quelques peuples méridionaux que le voisinage de la Province retenait dans l'obéissance. Si les Bituriges avaient refusé de faire partie de la coalition contre Rome, ce n'était ni par amour de l'étranger, ni par indifférence pour le bien public. Placés sous la dépendance politique des Édues, ils n'osaient pas, en suivant un étendard ennemi de leur métropole, briser les liens de la subordination fédérative ; mais en secret ils hâtaient de tous leurs vœux ^commencement des hostilités: ils appelaient même la guerre sur leur territoire, car ils ne demandaient, pour se déclarer au grand jour, que de paraître y avoir été contraints2.

Les contingents réunis, Vercingétorix entra en campagne. Son plan était d'attaquer simultanément la province narbonnaise et les quartiers d'hiver des légions. Il confia l'invasion de la Province au Cadurke Luctère, homme actif et énergique, le chargeant d'effectuer de gré ou de force l'armement de tous les peuples gaulois limitrophes, d'exciter les Provinciaux à l'insurrection, et enfin de tenter une irruption en masse au delà des Cévennes. Lui-même se dirigea vers le nord pour attaquer les six légions cantonnées sur le territoire senonais; et d'abord, il somma les Bituriges d'adhérer à la ligue

t. Quo facto, statuisse Comius dicebatur nunquam in conspectum cujusquam Romani venire. Hirt., Bell. Gall., vin, 23. 2. Caes., Bell. Gall., vu, 5.

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