‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 214 sur 454 · Cxa.y Bell. Gall., vu · texte numérisé non relu

Cxa.y Bell. Gall., vu

52 les autres se distribuaient les heures de travail, on parvint bientôt à retirer les tours, et à faire des tranchées à la terrasse pour couper le feu1.

Pendant le reste de la nuit, le combat fut terrible sur tous les points; les recouvrements de leurs tours étant brûlés, les Domains agissaient à découvert, et éprouvèrent de grandes pertes; mais enfin le champ de batailîe leur resta. Dans cette longue et sanglante mêlée, les Gaulois déployèrent un héroïsme digne d'une meilleure fortune. Un des fails admirables dont cette nuit fut témoin nous a été transmis par César lui-même, qui semble fier d'avoir vaincu de tels ennemis2. Un Biturige, placé en face d'une des portes pour alimenter l'incendie d'une tour romaine, y lançait des boulets de suif et de poix qu'on lui faisait passer de main en main : frappé au côté droit par un trait parti d'une machine appelée scorpion, il tomba mort. Le Gaulois le plus proche, passant sur son corps, prit sa place jusqu'à ce qu'un second trait vint le renverser : un troisième lui succéda, à celuici un quatrième, et le poste fut constamment occupé, pendant toute la durée du combat.

Cette sortie, soutenue avec tant de courage, n'avait guère eu plus de succès que les attaques précédentes; les principaux ouvrages des assiégeants avaient souffert, il est vrai, mais ils pouvaient être promptement restaurés. Découragée, exténuée par les veilles, et d'ailleurs trop peu nombreuse pour une place vaste et faiblement fortifiée, la garnison fit enfin savoir a Vercingétorix qu'elle n'en répondait plus. L'événement confir-

Page 1