‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 216 sur 454 · LIVRE VIL— CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VIL— CHAPITRE I

Le lendemain, il convoqua l'armée, et lui donnant 52 l'exemple de la fermeté, il l'exhorta à ne point se laisser abattre par un échec inévitable, qu'il fallait attribuer non à la valeur des Romains, mais à leur habileté dans l'art des sièges, art étranger à la Gaule. Il ajouta « que ce serait s'abuser que de compter à la guerre « sur une fortune constamment favorable. Il n'avait « jamais été d'avis de défendre Avaricum , l'armée le « savait; tout le mal provenait donc de la trop grande « condescendance du conseil et de l'imprudente préci somption des habitants. Mais cette perte, il saurait « la réparer bientôt. Il travaillait à rallier à la cause de « la liberté les cités gauloises jusqu'à présent dis- <c sidentes, actives ou neutres dans l'alliance de Rome : « ses mesures étaient prises de longue main, et leur « succès infaillible. Ainsi réunis, les Gaulois formeraient « une grande nation à laquelle l'univers entier ne résis- « ferait pas. Ce moment était proche; mais, en atten- « dant, le salut commun exigeait qu'on fortifiât le camp « pour être en état de repousser les attaques de l'en- « nemi1. »

Ses paroles persuasives et consolantes réussirent à relever les esprits. On lui sut gré de n'avoir point perdu courage après un tel échec, et de ne s'être point dérobé aux regards des soldats. On lui tint compte de la prévoyance qu'il avait montrée quand il voulut d'abord qu'on brûlât Avaricum, ensuite qu'on l'abandonnât. Les revers, qui détruisent le crédit des chefs militaires, ne faisaient qu'augmenter le sien et raffermir la confiance, parce qu'on se disait : « Son génie les avait prévus, son « génie seul peut y porter remède. » L'assurance que

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