‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 217 sur 454 · Caes., Bell. Gall., v · texte numérisé non relu

Caes., Bell. Gall., v

52 toutes les divisions allaient enfin cesser et tous les enfants de la Gaule se réunir sous l'étendard de la liberté commune remplissait les cœurs d'espérance et de force. D'après sa recommandation, les Gaulois s'exercèrent à fortifier leur camp à la manière romaine, et en prirent l'habitude. Ils n'avaient montré jusque-là que tiédeur et répugnance pour ce genre de travaux : ils se plièrent dès lors à tout ce qui fut exigé d'eux; double effet des leçons de l'expérience et de l'autorité plus puissante encore du chef1.

Vercingétorix n'avait mis dans ses promesses ni jactance ni exagération. Tandis que le siège d'Avaricum absorbait toute l'attention des Romains, il avait travaillé à leur susciter au dehors de nouveaux ennemis. Des négociateurs habiles parcouraient en son nom celles des cités qui balançaient encore, et les poussaient à lever le masque, gagnant les chefs par des promesses ou de l'argent, le peuple par leurs discours. Presque partout ces semences avaient porté fruit. La cité éduenne elle-même, que tant de liens retenaient dans le parti romain, était sourdement agitée. Le vergobret en charge, créature de César et chef de tribu ambitieux, n'y comprimait qu'avec peine l'esprit d'insurrection; et toutes ses mesures en faveur des Romains étaient combattues et neutralisées par une partie du sénat ou par le • peuple : César ne s'en était que trop aperçu pendant le siège d'Avaricum, où les Édues l'avaient laissé si longtemps manquer de blé. Le malheur d'Avaricum ne lit même qu'aiguillonner quelques peuples restés neutres

i. Primumque eo temporc Galli castra munire institueront : et sic sunt anime- consternât!, homines insueti laboris, ut omnia, quœ imperarentur, sibi patienda existimarent. Caes., Bell. Gall., vu, 30.

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