‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 224 sur 454 · LIVRE VII. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE II

expose alors que les autres magistrats et le conseil sont 52 tièdes ou contraires à ses desseins; qu'il ne faut point attendre leur décision, mais la provoquer, mais forcer le gouvernement à la guerre. Ainsi donc, que Litavic accepte le commandement des dix mille fantassins pour les soulever et commencer la défection : ce commandement lui sera offert ; que ses frères se rendent au camp romain pour gagner la cavalerie et ses deux chefs, Éporédorix 1 et Virdumar, et les faire déserter aux Arvernes; lui, Convictolitans, se charge de l'intérieur de la cité; il excitera la multitude, il imposera par elle la loi au gouvernement. Tel est le plan du vergohret , Litavic et ses frères l'approuvent; ces derniers partent sur-lechamp ; Litavic reçoit le commandement de l'infanterie, et au bout de quelques jours se met en route avec elle.

11 s'avance jusqu'à trente milles de Gergovie; là, il est accosté par des hommes dont l'abord paraît l'étonner : ce sont des Gaulois ; ils portent l'uniforme de la cavalerie éduenne. Tout à coup, il fait halte et assemble ses soldats autour de lui, comme pour les haranguer; son visage est décomposé : il pleure ; en un mot sa contenance exprime la plus violente douleur. « Amis, « s'écrie-t-il d'une voix éteinte, camarades, où allons- « nous? Notre cavalerie, notre noblesse, tout a péri.

1. Ce nom est orthographié Eporedirix dans une inscription trouvée, en 1792, dans les fondements du château de Bourbon-Lancy et rapportée par Millin, Monum. inéd., t. I, p. 146.

Page 1