LIVRE VII. — CHAPITRE II
Hères; ensuite les difficultés du passage des Cëvennes; 52 mais avant tout, le sort des quatre légions de Labiénus. Il remonta donc la Loire, faisant sonder les gués par sa cavalerie. Enfin il en trouva un où le soldat n'avait de l'eau que jusqu'aux aisselles, et pouvait traverser en soulevant ses armes au-dessus du courant. César, pour rompre le fil de l'eau, eut soin de placer sa cavalerie au-dessus du gué, puis les légions entrèrent. La rive droile était faiblement défendue -, le fleuve fut franchi. Le proconsul fit aussitôt fourrager les blés dans les champs, et ramasser tous les bestiaux qui se trouvèrent à proximité. Ayant ainsi pourvu aux vivres, il se dirigea vers le Senonais *. Pendant que ces événements divers se passaient à l'armée de César, Labiénus avait marché sur Lutétia avec quatre légions, après avoir laissé dans Agendicum des Senons2, pour la garde de ses bagages, des recrues récemment arrivées d'Italie : Lutétia, située dans une île de la Seine, était, comme nous l'avons dit plus haut, le chef-lieu des Parises. Au bruit de sa marche, les confédérés des cités voisines s'étaient rassemblés, et le commandement général avait été déféré à l'Aulerke Camulogène, vieillard chargé d'années, mais à qui sa profonde expérience dans l'art militaire avait mérité cet honneur 3. La rive gauche de la Seine était alors couverte d'un grand marais qui s'écoulait dans le fleuve, et que formait probablement la rivière de Bièvre : Camulogène