‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 238 sur 454 · LIVRE VII. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE II

conquêtes, mais de battre en retraite avec le moins de 52 perte possible, et de sauver ses bagages déposés dans Agendicum. Pour sortir de celte situation extrême, il tenta un coup hardi '.

Il avait amené de Mélodunum cinquante bateaux : il les fit partir le plus secrètement qu'il put au commencement de la nuit, sous la conduite d'autant de chevaliers romains, avec ordre de descendre la rivière jusqu'à quatre milles au-dessous de Lutétia, et de l'attendre. Son dessein était de passer en cet endroit. Mais pour donner le change aux Gaulois, il envoya vers le côté opposé cinq cohortes qui conduisaient les bagages. A minuit, elles commencèrent à remonter la rive du fleuve avec fracas ; quelques barques ramassées çà et là les suivaient à grand bruit de rames. Labiénus alors, laissant cinq autres cohortes à la garde de son camp, prit avec lui les trois légions qui restaient, côtoya le fleuve en silence, et alla rejoindre ses bateaux, où il leur avait commandé de l'attendre -. Une tempête soudaine ayant dérobé sa marche aux éclaireurs gaulois répandus sur la rive3, ils furent surpris et tués, et les légions passèrent promptement le fleuve.

Presque en même temps Camulogène fut informé qu'il régnait une agitation extraordinaire dans le camp romain, qu'une troupe nombreuse remontait la Seine, qu'on entendait de ce côté un grand bruit de rames, et qu'un peu au-dessous, des transports de troupes s'effectuaient avec des bateaux. Ne doutant pas que l'ennemi

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