LIVRE VII. — CHAPITRE III
qu'à la source; et cet ouvrage avançait sans aucun dan- si ger, sans même que les Gaulois s'en doutassent. La terrasse s'éleva bientôt à la hauteur de neuf pieds, et César y fit placer une tour de dix étages pour dominer les avenues de la fontaine, et dans la tour des machines de guerre. Les traits lancés par ces machines portaient jusqu'à la fontaine; il n'était plus possible d'y aborder; le bétail, les chevaux, même beaucoup d'hommes périssaient de soif1.
Effrayés du sort qui les menace, les assiégés imaginent un jour de prendre des tonneaux, de les remplir de bitume, de suif, de menu bois, y mettent le feu et les font rouler contre les ouvrages de la terrasse 2. En même temps ils dirigent du même côté une vive attaque, afin de détourner les secours qui pourraient être portés contre l'incendie. La chose réussit à souhait. Du sein de leurs ouvrages les assiégeants voient s'élever tout à coup une flamme immense; les matières combustibles, lancées perpendiculairement, dévorent les mantelets qui les arrêtent et qui nourrissent eux-mêmes l'embrasement. Cependant les Romains tenaient ferme, quoique le combat fût dangereux et inégal par la disposition du terrain. L'action se passait à la vue de l'armée assiégeante et de la ville assiégée, et les cris qui retentissaient des deux côtés animaient les combattants.
César, voyant qu'il avait déjà beaucoup de blessés, ordonna que toute les légions montassent au pas de charge de tous les côtés de la montagne, en poussant de grands cris, comme pour un assaut général. Les habitants, alar-