‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 278 sur 454 · LIVRE VII. —CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. —CHAPITRE III

plus grand supplice. Dans le même temps, Luctère, qui 51 s'était échappé après sa défaite, tomba entre les mains d'Épasnact, Arverne ; car il était obligé de changer souvent de retraite, et, par conséquent, de se découvrir à beaucoup de gens. Épasnact, ami zélé du peuple romain *, se montra digne en tout de cette affection; il se saisit du fugitif et l'envoya chargé de fers au proconsul. Tandis que ces choses se passaient dans le midi , Labiénus, dans le nord, avait battu les Trévires, qui refusaient de se soumettre, et s'était rendu maître de leurs principaux chefs : du nombre se trouvait l'Éduen Sure, le seul de sa nation qui fût resté en armes contre les Romains 2.

Voyant cette campagne, comme la précédente, terminée à son avantage, et tous les peuples autour de lui vaincus et pacifiés, César, qui n'avait jamais été dans l'Aquitaine, bien que son lieutenant Crassus l'eût en partie subjuguée, y mena deux légions, et n'y fut pas moins heureux que partout ailleurs. Tous les États aquitaniques députèrent vers lui, et lui remirent des otages; il repartit avec une escorte de cavalerie pour se rendre à Narbonne, fit établir les légions en quartier d'hiver par ses lieutenants : quatre chez les Belges, deux chez les Édues, deux chez les Turons, près de la frontière des Carnutes, pour contenir de là tous les pays maritimes; deux autres enfin chez les Lemovikes. Il s'arrêta quelques jours dans la Province, parcourut les assemblées des cités provinciales, régla les affaires contentieuses , et distribua des récompenses; puis il alla rejoindre ses lé-

1. Hune Epasnactus Arvernus, aihicissimus populi romani, sine dubitatione ulla vinctum ad'Csesareui duxit. Hirt., Bell. Gall., viu, 44.

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