Voyez ci-dessus, même livre, ch. i
2. Forte ad Oceanum quum secundo vento quidem, sed sestu reccdente venisset, quamvis naves in siccis littoribus hsererent, pandi nihilominus vêla jussit. Frontin., Stratag., n, 13.
3. Quœ quum... ex longinquo tumentia et flatu plena vidisset, ratus prospero sibi eripi cursu, recessit. Id., ibid. — Suivant l'auteur, c'était César lui-même qui poursuivait Comm, mais il y a erreur évidente.
pouvait supporter l'idée que sa blessure et la perfidie de son ennemi restassent impunies. Un jour qu'après un engagement très-vif il se retirait avec les siens, il aperçut le Romain qui le suivait de près, séparé de son escorte aussitôt il tourne bride, s'élance le gais en main, tombe sur Volusénus, et lui perce la cuisse de part en part1: il n'eut pas le temps de l'achever -, Volusénus fut enlevé par ses cavaliers, mais couvert de sang et dans un état désespéré. Comm parvint à faire retraite avec sa troupe.
Alors, soit que sa vengeance fût satisfaite, soit qu'il sentît l'impossibilité de tenir plus longtemps, il députa un de ses hommes à Marc-Antoine pour lui proposer sa soumission et des otages-, Antoine, pressé d'en finir, accueillit la demande ; les conditions furent telles que le chef gaulois put les accepter; tout se fit par truchement; et fidèle à son serment et à sa haine, Comm refusa de se trouver, face à face avec un Romain2, puisqu'il avait déposé Tépée.
La Gaule ainsi déposait, pour la dernière fois les armes, ou plutôt les armes lui tombaient enfin des mains. « Qu'on se représente, dit un historien ancien, un « malade pale, décharné, défiguré par une longue fièvre « brûlante, qui a tari son sang et abattu ses forces, pour « ne lui laisser qu'une soif importune, sans le pouvoir « de la satisfaire : voilà l'image de la Gaule épuisée et « domptée par César, d'autant plus altérée de la soif « ardente de sa liberté perdue, que ce bien précieux
1. Comius incensum calcaribus equum jungit equo Quadrati, lanceaque infesta médium fémur ejus magais viribus trausjicit. Hirt., Bell. Gall., vin, 48.
2. Unum illud erat ne iu couspectum veniat cujusquum Romani. Id., ibid.
LIVKE Vil. — CHAPITRE III. 349
« semble lui échapper pour jamais l. De là ses tentatives 51 « aussi fréquentes qu'inutiles et hasardées pour sortir de a la servitude ; de là de plus grands efforts, de la part du « vainqueur irrité, pour lui appesantir le joug; de là, « l'accroissement du mal, la diminution et la perte enfin « de l'espérance même2. Ainsi, préférant son malheu- « reux sort au danger des remèdes incertains, et n'osant « plus entreprendre de se relever, de peur de tomber « dans des calamités plus profondes, elle demeurait sans « chaleur, sans mouvement, accablée, non tranquille3. » Un autre historien, biographe de César, résume en ces termes les exploits de son héros dans la Gaule : « 11 prit « de force plus de huit cents villes, soumit plus de trois « cents nations, combattit en différents temps contre « trois millions d'hommes, sur lesquels un million périt « en bataille rangée et un million fut réduit en capce tivité4. »
i. Sitiebat notam illam omnibusque suavissimam... dulcedinem libertatis. Oros., vi, 12.
2. Hinc omnia ad domandam impatieiitiam crudescentia : hiuc jam ncc remediis credebatur. Id., ibid.