Autun
le sien, qui n'était point cher au pays et ne réveillait que l'idée d'un dévouement senïle et absolu aux conquérants. D'assez grandes concessions de droits vinrent en même temps pallier ces mesures humiliantes. Les Édues reçurent les privilèges des peuples fédérés, et continuèrent à porter le titre honorifique de frères du peuple romain1. Les Rèmeset les Garnutes furent aussi fédères; les Arvernes, les Bituriges, les Trévires, les Suessions, libres ou autonomes; les Auskes jouirent du droit latin; d'autres privilèges inférieurs furent encore distribués soit aux peuples, soit aux villes; enfin ce privilège suprême qui les couronnait tous, le droit de cité romaine , fut octroyé .à des familles etàdes individus, avec épargne toutefois2. Ainsi donc fut bouleversée dans ses fondements l'antique société gauloise : les centres d'autorité et d'influence furent changés ou rattachés à des idées d'un autre ordre; l'institution de la clientèle, source de la puissance des grandes cités, n'exista plus; le territoire même de ces cités fut souvent morcelé, leurs tribus éparpillées; plus de barrières entre les confédérations politiques, entre les races, entre les langues diverses; tout gît confondu pêle-mêle sous le niveau de l'administration romaine.
Auguste appliqua ensuite à la Gaule cette science fiscale portée par les Romains à une si haute perfection, et qui, dans leurs mains, servait de complément à l'épée pour enchaîner les vaincus3. Il ordonna un recensement général de la population et des propriétés ,
t. Soli Gallorum fraternitatis nomen cum populo romano usurpant. Tac, Ann., xi, 25.