‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 330 sur 454 · LIVRE VIII. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE II

« usures, sur l'arrogance et la cruauté des comman- 21

« danls1. Ils représentaient le mécontentement de « l'Italie, opprimée par un mauvais empereur; les dé- « sordres survenus dans les légions de l'Orient. — Voilà « le temps ou jamais de recouvrer notre liberté, s'é- « criaient-ils ; autant nous avons de ressources pour la « guerre, autant l'Italie est épuisée-, la population « romaine a perdu toute vigueur; ce sont les étrangers « qui font la force de ses armées2. »

Les deux Gaulois réussirent au delà de leurs espérances, et il n'y eut presque pas de cité où ces semences de révolte ne portassent fruit3. Une grande conjuration commença donc à s'organiser sous la direction de Sacrovir, qui la conduisit lentement, avec prudence, recommandant de ne rien brusquer, d'attendre que toutes les cités conjurées fussent en mesure, et que lui-même donnât le signal. Ces sages projets furent déjoués par l'impatience de deux peuples, les Andes ou Andégaves et les Turons, qui prirent inopinément les armes4. Les troupes romaines se mirent aussitôt en marche : le lieutenant Acilius Aviola, avec la cohorte en garnison à Lugdunum, entra sur le territoire andégave, et un corps de légionnaires des bords du Rhin alla combattre les Titrons. L'éveil était donné, et c'en était fait de la conjuration, si les autres cités eussent entrepris de soutenir

1. Igitur per conciliabula et cœtus seditiosa disserebant de continuatione tributorum, gravitate fœnoris, ssevitia ac superbia praesidentum. Tac, Ann., m, 40.

2. Egregium resumendœ libertati tempus, si ipsi florentes, quam inops Italia, quam imbellis urbana plebs, nibil validum in exercitibus, nisi quod externum, cogitarent. Id., ibid.

3. Haud ferme ulla civitas intacta seminibus ejus motus fuit. Id., ibid., 41.

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