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10 Germanicus, fils de Drusus, était réservé l'honneur de venger le désastre de Rome.
Sur ces entrefaites, Auguste mourut, léguant l'empire à Tibère. Déjà pillées sous ie gouvenement précédent, les Gaules se virent livrées à des excès intolérables sous l'administration dure et insouciante du nouveau prince. Les impôts croissant, il fallut que les particuliers et les villes empruntassent à gros intérêts; de là les dettes accumulées, les expropriations et une misère sans terme.
ai Deux hommes essayèrent de tirer leur pays de ce déplorable état; tous deux appartenaient en même temps à la vieille noblesse gauloise et à cette autre noblesse de date récente que formaient les familles décorées du droit de cité romaine, et honorées autrefois du patronage de Jules César : c'étaient le Trévire Julius Florus et l'Éduen Julius Sacrovir. Tous deux, Sacrovir surtout, exerçaient sur la haute classe des Gaules une grande autorité. Les talents politiques du noble Éduen n'étaient pas moins estimés que sa bravoure; il connaissait bien les Romains, et savait se montrer tantôt souple et rusé, tantôt ferme et opiniâtre, suivant le temps. Quant à Florus, il avait la réputation d'un guerrierintrépide, possédait une clientèle nombreuse, et n'était pas sans influence sur les Relges, organisés à la romaine et introduits comme auxiliaires dans les camps romains. Il se chargea de préparer une insurrection en Belgique, tandis que Sacrovir solliciterait les peuples du centre et de l'ouest. Sans perdre un moment, ils se mirent à sonder de tous côtés les chefs et la multitude, tenant des conciliabules secrets, parcourant les assemblées publiques et particulières, et partout se répandant en plaintes amères « sur l'éternité des impôts, sur les