‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 344 sur 454 · Colchester · texte numérisé non relu

Colchester

4. Dio, lx, 21, 22, 23. — Suétone prétend que tout était fini lorsque l'Empereur arriva en Bretagne, et qu'il n'eut qu'à recevoir les soumissions des tribus domptées par son lieutenant. Plautius sans doute était trop bon courtisan pour ne pas laisser au prince de quoi motiver un triomphe.

44 Plautius resta encore quatre années à étendre et affermir à les conquêtes de Rome. La politique ne le servit pas moins que la force ; il divisa ces petits rois, ces petits peuples rivaux, il les déchaîna les uns contre les autres, et en séduisit autant par l'artifice ou par l'or qu'il en dompta par l'épée. Plautius déclara province romaine le territoire subjugué, qui embrassait une partie des pays limitrophes de la Tamise au sud et au nord.

On a vu dans le cours de cette histoire quel rôle jouait une province romaine dans la conquête de toute une contrée, de quelles intrigues elle était le foyer, de quelle guerre perpétuelle et progressive elle était le centre et le boulevard. Les armes et la politique marchèrent sans relâche tout autour de la province britannique, et Rome ne compta bientôt plus d'ennemis déclarés que les peuples montagnards, habitants des grandes chaînes à l'occident de l'île, les Dumnones1, les Silures2, les Démètes \ les Ordovikes \ les Cornaves 5, les Canges 6, et quelques autres. Par les sollicitations des Silures, ces vaillantes peuplades se coalisèrent. Tout ce qu'il y avait dans le reste de la Rretagne d'hommes généreux décidés à ne point servir, à ne point transiger avec la tyrannie étrangère, accourut sous les drapeaux des Silures ; le roi Caractac, un de ces réfugiés, homme d'une activité infatigable, nommé commandant suprême de la ligue

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