‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 36 sur 454 · LIVRE V. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE II

ne contribua pas peu à entretenir la fermentation chez ioo les Transalpins. L'alarme gagna les Ligures, les Aréco- 8a0 mikes et les Tectosages réunis définitivement à la Province : ces peuples, en effet, avaient toute raison de craindre que Rome n'invoquât aussi contre eux son prétendu droit, afin de livrer leurs propriétés à la populace de l'Italie. Plusieurs soulèvements éclatèrent : celui des Salves fut le plus important; mais le préteur C. Gaecilius Métellus en vint enfin à bout1, moitié par la force, moitié par la politique, et, suivant toute probabilité, avec la coopération des Massaliotes. La guerre sociale qui survint à la même époque, et remplit l'Italie de sang et de ruines, présentait une occasion précieuse aux Gaulois, il ne paraît pourtant pas qu'ils en aient profité : ou plutôt, au milieu de l'obscurité qui enveloppe ces temps de leur histoire, le souvenir de ce qu'ils firent alors s'est perdu pour nous, comme tant d'autres souvenirs.

Les causes et le dénoûment de la guerre sociale sont assez connus. Les peuples de l'Italie ligués contre la république romaine pour obtenir tous les droits politiques des citoyens de Rome, après dix ans d'efforts, se virent admis à la jouissance d'une partie de ce qu'ils réclamaient. Ce fut une trêve plutôt qu'une paix, et les Italiens ne se contentèrent point de la part que Rome avait bien voulu leur faire : seulement la lutte changea de théâtre, elle se poursuivit, toujours violente et opiniâtre, au forum et dans les comices, entre les anciens et les nouveaux citoyens. La rivalité de deux hommes fameux vint l'envenimer encore. Marius se plaça à la tête des nouveaux citoyens et du parti romain qui voulait pour toute l'Italie une complète égalité politique; il mit à leur service sa

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