LIVRE IX, — CHAPITRE I
soixante-trois ans auparavant par Drusus pour empêcher 58 que le Rhin, au point de sa première division, ne jetât une trop forte partie de ses eaux dans le Vahal, et n'appauvrît par cet épanchement la branche droite de son cours Vêtus avait conçu un projet plus grand i celui de creuser un canal entre la Saône et la Moselle, et d'unir ainsi la navigation de la Méditerranée à celle de l'Océan, parle Rhône, la Saône, la Moselle et le Rhin. Mais/EIius Gracilis, gouverneur de la Relgique, le détourna de son dessein, soit par intérêt pour lui, soit par jalousie secrète, l'avertissant qu'en portant ses légions au delà des limites de sa province, en paraissant briguer la laveur des Gaulois, il s'attirerait les soupçons d'un prince ombrageux, ennemi de toute chose bonne et populaire1. Vêtus obéit, et trois ans après, comme pour augmenter l'irritation, Néron fit exécuter un nouveau dénombrement au delà des Alpes2.
Deux événements, dont l'un était étranger à la Gaule et l'autre aux méfaits de l'Empereur, servirent pourtant à nourrir l'agitation des esprits, et réveillèrent même dans le peuple des espérances superstitieuses. Un incen^ die affreux avait détruit les deux tiers de Rome, et l'on calcula qu'il avait commencé le même jour du même mois où les Sénons avaient brûlé jadis la ville de Romulus et de Tarquin3. Un second incendie arrivé quatre 64 ans après le premier dévora Lugdunum, cette Rome des Gaules, « C'en est fait, écrivait à ce sujet un auteur <( contemporain, une seule nuit a anéanti tant de beaux « ouvrages dont chacun eût pu faire à lui seul l'illustra^-