Suet., Galb
es Tandis que tout s'agitait au nord des Alpes, Ne'ron restait tranquille à Naples, absorbé dans les fêtes et les combats d'athlètes. Il reçut sans émotion la nouvelle du soulèvement de Vindex ; on dit même qu'il s'en réjouit, comme d'une occasion excellente pour piller les riches provinces des Gaules *. Les proclamations outrageantes que Vindex faisait afffcher dans les villes transalpines et dont il envoyait des copies à Rome, le tirèrent enfin de sa léthargie. Au milieu des invectives les plus sanglantes, il était traité de mauvais joueur de harpe, et on l'appelait /Enobarbus au lieu de Néron 2. Plus vivement blessé de ces deux injures prétendues que de toutes les accusations de cruauté et de débauche, il écrivit au sénat, l'exhortant à venger l'insulte faite à son empereur et à la république. Il déclara qu'il quitterait son nom adoptif, pour reprendre celui des Domitius dont on lui faisait un reproche. Mais l'imputation qu'il travaillait surtout à combattre, c'était celle d'ignorance en musique, dans un art qu'il avait cultivé si longtemps et avec tant de soin. Cependant, comme les nouvelles arrivaient de jour en jour plus fâcheuses, il revint à Rome avec un empressement plein de trouble et d'inquiétude. En chemin, un présage parut le rassurer ; apercevant sur un vieux monument l'image d'un cavalier romain qui foulait aux pieds et traînait par les cheveux un soldat gaulois terrassé, il sauta de joie, et bénit les dieux qui lui envoyaient cette promesse. A Rome, il ne convoqua point le sénat, il ne harangua point le peuple : seulement il appela près de lui quelques-uns des principaux séna-
1. Gaudebat tanquam occasioue nata spoliandarum opulentissimarum provinciarum. Suet., Nero, 40.
2. Nihil autem seque doluit quam citharœdum malum se iucrepitum, ac pro Nerone iEnobarbum appellatum. Suet. t Nero, 41,