LIVRE V. —CHAPITRE II
d'y appliquer, sous la protection des soldats de Pompée, 77 les mesures par lesquelles le dictateur avait si bien pacifié l'Italie.
Pompée entra dans les Alpes; trouvant les routes occidentales fermées par les troupes de Sertorius, il rebroussa cliemin et se fit jour, entre les sources du Pô et du Rhône1, par le passage des Alpes Graïes ou celui des Alpes Pennines. Alou les postes de Sertorius, tournés et hors d'état de garder le pays, se replieront sur l'Espagne, rallièrent toutes leurs garnisons et passèrent les Pyrénées. Soit que la Province, tout abandonnée qu'elle était, fît encore résistance, soit plutôt que, pour imprimer la terreur, Pompée lâchât la bride à la colère des légions, tout ce qui se trouva devant elles fut mis à feu et à sang, et le général gagna Aarbonne à travers des monceaux de cadavres2.
Là , il régularisa ce que la flamme et l'épée du sol- 76 dat avaient commencé. Un décret frappa de proscription la population de villes entières 3, chez les Volkes Arécomikes et les Helves, dont le rôle avait été plus actif que celui du reste de la Province; un décret adjugea aussi la meilleure portion de leur territoire à Massalie4, en récompense de la louable conduite tenue par cette ville pendant les troubles, et des secours qu'elle fournissait à Pompée. D'autres faveurs furent distribuées à la colonie de Narbonne , d'autres rigueurs à chacun des peuples provinciaux , suivant la part qu'ils avaient prise à l'in-
1. "Au.;i Ta;; ~r,yat; toù te Pooavoû xaî 'Hptcavoù. App., Bell, civ., I, 109. — Epist. Pompeii, ap. Sali., Histor. fragm., 1. ni.
2. Iter Gallorum internecione patefactum est. Cic, pro Leg. Manil., 11.