LIVRE IX. — CHAPITRE III
ment les grands traits du caractère gaulois dans les évé- ?o nements romains de la Gaule romaine ; on les verra percer encore au milieu de la barbarie de la Gaule franke, malgré la conquête et le mélange des races, et ils apparaîtront de loin en loin sous les institutions originales du moyen âge.
Est-ce là tout ? Descendants des soldats de Brenn et de Vercingétorix, des citoyens de Carnutum et de Gergovie, des sénats de Durocortorum et de Bibracte, n'avons-nous plus rien de nos pères ? Ce type si fortement empreint sur les premières générations, le temps l'a-t-il effacé des dernières ? Peuple des sociétés modernes, la civilisation, ce costume des races humaines, at-elle transformé chez nous en même temps que recouvert le vieil homme ? et si nous examinions bien dans quelqu'une de ces crises où les peuples, brisant toutes les conventions sociales, se remontrent, pour ainsi dire, dans la nudité de leur nature, serait-il impossible de découvrir quelque signe de cette parenté de vertus et de vices ? Je ne sais; mais, en traçant les récits de ce long ouvrage, plus d'une fois je me suis arrêté d'émotion ; plus d'une fois j'ai cru voir passer devant mes yeux l'image d'hommes sortis d'entre nous: et j'en ai conclu que nos bonnes et nos mauvaises dispositions ne sont point nées d'hier sur celte terre où nous les laisserons.