‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 438 sur 454 · Auson., de Clar. Professor · texte numérisé non relu

Auson., de Clar. Professor

70 comme province de l'empire romain est plein de grandeur et d'intérêt. Ce besoin de mouvement et de liberté que nous avons vu tout à l'heure ébranler un gouvernement contesté, quand ce gouvernement fut consenti, ne s'éteignit point ; il s'exerça dans les limites de la constitution et des coutumes romaines, il prit le caractère d'opposition, non de révolte. Sous cette forme, la Gaule arracha de grandes concessions à la puissance impériale, cassa plusieurs empereurs, en imposa d'autres à l'Italie, et s'établit même pendant quelques instants métropole de tout l'Empire. Mais ces événements curieux, quelque place qu'y occupe l'élément gaulois, appartiennent à l'histoire de Rome, et ne sauraient en être détachés ; c'est dans l'histoire de Rome qu'il faut chercher leur explication comme leur cause.

Ainsi donc ma tâche est achevée. J'avais entrepris de tracer les destinées de la race gauloise, et j'ai atteint successivement les époques où sur tous les points du globe elle a fini comme nation, — non comme race, car les races humaines ne meurent point ainsi, — les époques où son individualité disparaît sous les formules d'une civilisation imposée, où son histoire devient un épisode d'une histoire étrangère. Pendant le cours de dix-sept cents ans, je l'ai suivie pas à pas, à travers toutes les périodes de sa vie si aventureuse et si pleine, ici nomade, là sédentaire, tour à tour conquérante et conquise, sous tous les climats de la terre , en Gaule , en Bretagne, en Germanie, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Afrique, en Asie ; et partout et toujours, je l'ai montrée la même : intelligente, spirituelle, brave, ardente, mais mobile, peu capable de constance et d'ordre, mais vaine et désunie par orgueil. Que si l'on parcourt les temps qui suivent cette histoire, on reconnaîtra aisé-

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