LIVRE V.— CHAPITRE II
fermeté, énumérant combien de fois, par qui, pour- 63 quoi il les avait mandés; Lentulus à la fin* sentit son assurance faiblir. Ici finit le rôle des Allobroges. Quant aux conspirateurs, on sait qu'ils furent mis à mort contre le vote d'une partie du sénat et sans la délibération du peuple. Depuis ce jour, les forces extérieures de la conjuration allèrent en déclinant; les alliés et les Provinciaux rentrèrent successivement sous l'obéissance du sénat. Catilina , poursuivi par deux armées , se dirigea vers la Gaule transalpine, où il espérail jouer le rôle de Sertorius : prévenu dans son dessein , forcé de livrer bataille et vaincu, il périt bravement et d'une mort digne d'un meilleur citoyen1. Les Allobroges, en qualité de réwHateurs, reçurent du sénat des récompenses personnelles : la conduite qu'avaient tenue dans cette affaire ces ambassadeurs mécontents d'une nation mécontente à si juste titre , excita à Rome une surprise générale. « Nous ne saurions assez nous étonner, disait à ce pro- « pos Cicéron , que le seul de tous les peuples qui au- « jourd'hui ne manque ni de volonté ni de force pour « lutter contre le peuple romain , que des Gaulois aient « préféré notre salut à leurs intérêts , quand pour vaincre « ils n'avaient pas besoin de combattre , quand il leur <( suffisait de se taire. Qui ne voit pas dans cet événe- « ment un signe éclatant de la bonté des dieux2 ? »
II paraît que le peuple allobroge en jugea autre- 63 ment : soit qu'il désapprouvât le rôle de ses députés,