‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 58 sur 454 · LIVRE V. — CHAPITRE III. C · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE III. C

n'hésitèrent pas à se ranger; et pour contre-balancer l'assistance que Rome pourrait prêter à ses alliés, la ligue séquano-arverne imagina de chercher aussi une assistance et des alliés extérieurs: elle s'appuya sur les Germains , comme les Édues sur les Romains. Des ambassadeurs séquanais se rendirent au delà du Rhin, près d'Arioviste, chef ou roi de plusieurs tribus des Suèves, et l'engagèrent avec quinze mille hommes à la solde de leur cité. L'empressement d'Arioviste fut extrême, et il entra aussitôt en Gaule à la tête de ses plus braves guerriers 1 .

La guerre ne traîna pas en longueur. Après deux batailles successives dont la perte coûta aux Édues une partie de leur noblesse, leur sénat, toute leur cavalerie 2, ils mirent bas les armes. Ceux qui naguère parlaient à toute la Gaule avec tant d'arrogance, furent contraints de donner pour otages aux Séquanesles enfants de leurs premiers citoyens, et de s'engager par serment à ne les redemander jamais; ils jurèrent aussi de ne point implorer le secours des Romains, et de rester éternellement soumis à leurs vainqueurs3. Seul dans toute sa nation, le vergobret des Édues refusa de souscrire à ces ignominieuses conditions ; il ne prêta point les serments exigés ; il ne livra point ses enfants désignés comme otages. Échappé à grand'peine à la colère

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