‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 61 sur 454 · LIVRE V. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE III

pour sentir, le patriote éduen se laissa entraîner trop ci vivement peut-être à leurs séductions. Il rêva pour sa terre natale toutes ces merveilles dont il était ébloui; et par malheur il confondit, dans son affection enthousiaste, Rome avec la civilisation dont elle lui offrait le modèle. Là fut la source de ses 'erreurs ; par là cette âme si noble et si énergique en face de la tyrannie d'Arioviste se fit la complice et l'instrument d'une autre tyrannie.

Le temps s'écoulait cependant, et les Romains, de plus en plus absorbés par leurs dissensions domestiques et par la révolte des Allobroges, avaient oublié leurs alliés de la Gaule. Cette dernière guerre contribua d'ailleurs à les refroidir. Les Édues, si proches voisins des Allobroges, auraient pu facilement envoyer un corps de troupes au delà du Rhône, et cette diversion aurait hâté l'issue de la guerre, épargné le pillage d'une partie de la Province, prévenu peut-être la défaite de Lentinus. Mais les Édues n'en firent rien1, soit que la présence d'Arioviste les retînt, soit qu'au fond de leur cœur ils vissent avec plaisir l'humiliation defrères qui leur avaient montré tant d'indifférence.

Sur ces entrefaites, la nouvelle se répandit par toute 6i l'Italie que les Helvètes préparaient un grand armement, plus grand même qu'au temps des Kimris et des Teutons; on disait qu'ils voulaient changer de pays, piller la Gaule et envahir la Province 2. Inquiet de ces bruits qui prenaient de la consistance, le sénat envoya dans les principales cités transalpines des agents chargés de s'entendre avec elles pour repousser le danger commun3;

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