‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 65 sur 454 · LIVRE V.— CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V.— CHAPITRE III

vétïe1. En suggérant an peuple l'idée de l'émigration, il se

flattait que la conduite de la bande lui serait confiée, et qu'alors investi d'une autorité presque absolue, au milieu des désordres inséparables d'une telle entreprise, il pourrait aisément s'emparer de la royauté et restituer à la noblesse ses privilèges détruits. L'ambassade qu'il avait briguée et obtenue auprès des nations éduenne el séquanaise servait merveilleusement ses vues. Il y connaissait deux hommes non moins avides de pouvoir et non moins audacieux que lui; et sa mission lui donnait le moyen de s'entendre et de comploter à l'aise avec eux, sans exciter le moindre soupçon.

L'un, le Séquanais Caslic, était, comme Orgétorix, un chef de tribu mécontent ; et à ses espérances d'ambition se. mêlaient de plus vifs regrets du passé, car son père Gatamantalède avait régné autrefois sur la Séquanie2. Le second, citoyen notable de la nation éduenne, était frère de Divitiac, et se nommait Dumnorix3.

Par suite de l'exil de Divitiac, Dumnorix, à peine sorti de l'enfance, s'était trouvé tout à coup possesseur d'une grande fortune et d'une popularité acquise par le noble dévouement de son frère4 : cette brillante situation

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