PORTRAITS GRAVÉS AU RACLOIR
Représenté comme David, avec pique et bouclier , d’après Gérard. Dow. Sur le bouclier 1658. Rupt. P. fec.
( Voir le Cat. )
En hauteur 10-3. — Largeur 7-4.
pas la langue de ses ancêtres. Son baptême estcélébré avec la pompe digne d’un fils de roi; on le couche dans un berceau d’ebène, d’or et de pierres précieuses; les princes de l’Allemagne , les femmes de Prague et les états de Bohême, le comblent de présents, lui qui devait perdre même l’héritage de ses pères, chercher avec peine une place pour poser sa jeune tête, et quelque argent pour nourrir sa mère.
Après la bataille de Prague (Am Weissenberg, 8 novembre 1620), Frédéric V s’enfuit , traînant à sa suite ce qu’il avait amené de ses états du Rhin, sa femme enceinte, et ses enfants , laissant après lui ses espérances ; n’emportant que son malheur, ce dernier allié, qui devait ranimer trente ans de guerre pour rendre à son fils l’héritage de ses pères. La Hollande les accueillit avec cet intérêt qu’inspire toute grande infortune à son premier aspect; elle leur fournit des subsides, leur accorda des honneurs, mais elle les abandonna bientôt. Après avoir vu s’évanouir des espérances fondées sur la va-
Cettc planche , copiée plus en grand par W. Vaillant.
En hauteur 6-9 — Largeur 6.
( Voir le Cat.)
Illustrissimus serenissimus Princeps Rupertus.
W. Vaillant fe.
En hauteur 9-6. — Largeur 6-5.
Planche remarquable. ( Voir le Cat. )
Prins Robbert , vinder van de Swarte Prent Konst
W. Vaillant f.
En hauteur 7-10. — Largeur 6.
(Voir le Cat. )
Rupertus Dei gratiæ , etc. , etc.
A Rlooteling fc. Jo. LLoyd ex.
Représenté en armures , forme ovale ; jolie planche , très fine.
En hauteur 5-8. — Largeur 4-5.
Deuxième état : les yeux et la bouche sont repris au burin.
leur de Mansfeld , sur le dévouement chevaleresque du prince Christian de Brunswick , cette famille, dans la détresse, attachait sa confiance au soleil brillant de Gustave-Adolphe, lorsque le coup meurtrier de Lutzen eut son écho dans le cœur de Frédéric. Quelques jours après cette désastreuse nouvelle, il mourut dans les bras de sa femme, lui laissant ses enfants et sa fatale étoile.
Rupert avait alors treize ans; dans les tribulations de cette vie d’exil et d’un avenir de combats , son éducation ne pouvait être que militaire; cependant, élevé en Hollande, dans ce pays tout imbu des arts, il était impossible que le dessin et la peinture ne s’associassent à ses autres études; aussi trouvons-nous, dès i636 et 37, des preuves de sa disposition et de son goût pour le dessin et la gravure 55.
Les arts 11e devaient remplir que ses loisirs, et les loisirs lui man-
His Highness Prince Rupert.
P. Tempest ex. ( d’ap. Lely ).
En hauteur 5. — Largeur 3-7.
Représenté en costume de pair ; jolie planche.
His Highness Prince Rupert.
P. Lely pinxit. — R. Tompson excudit.
En hauteur 12-6. — Largeur 9-5.
A mi-jambes , costume de pair ; assez bon.
Ce portrait a encore été gravé par Valkenier , Hartmann , etc. , etc. , et il a paru dans les Mémoires du chev. de Grammont, dans les Anecdotes des Peintres, par Vertue Walpole , etc. Rromley cite les portraits suivants : An Etching , S. Cooper , T. Bretherton. — Rembrandt. V. Green , 177. — J. Hinde. — Jenner exc. — Another 4° of the same plate reduced. — S. Cooper, G. K. Sherwin. — Voerst. — V. Dyck , F. v. Wyngard.
Peint d’après nature ; il se trouve plusieurs fois en Angleterre, je l’ai remarqué au Musée royal , placé sous ce numéro dans l’école flamande.
435. Portrait de Charles I", duc de Bavière , né en 1617 , mort en 1680 , et celui de Robert , son frère , né en 1619 , mort en 1682.
Haut. 1 m. 32 c. — Larg. i m. 5i c.
C’est l’électeur Charles-Louis et son frère le grand-amiral d’Angleterre. Une répétition de ce dernier est au musée de Versailles , seulement en buste.
55 Voir ses eaux-fortes marquées dans son catalogue.
quaient; en 1 636, il était en Angleterre 56 avec son frère aîné pour solliciter des subsides qui leur permissent de reconquérir leurs droits. On leur en accorda de bien faibles : en compensation, on les combla de promesses, et ils revinrent sur le continent, pleins de ces espérances qui avaient déjà trompé leur père. En i63y, ils étaient en campagne; l’année suivante, malheureuse pour leur cause, servit à montrer l’intrépidité du prince Rupert; dans le combat du 18 septembre i638, il eut un cheval tué sous lui, fut blessé, et fait prisonnier. Cette tentative fut la dernière; toutes les ressources étaient épuisées , les espérances évanouies ; il fallait se condamner au repos, et les préliminaires de la paix s’ouvraient assez lentement pour qu’on prévît le terme éloigné de leur résultat.
Le jeune prince, dans son besoin d’activité, songea que son bras pouvait encore être utile à une cause malheureuse; il passa en Angleterre avec son frère Maurice, et se plaça immédiatement sous les drapeaux du roi. Nous ne le suivrons pas sur les champs de bataille 57 , où sa valeur était aussi utile que la fougue de son caractère fut nuisible dans les conseils. Nous parlerons brièvement des événements politiques au milieu desquels il avait un rôle actif, afin d’établir que les combats et les aventures ne laissaient pas à ce général, sur terre et sur mer, le temps de s’occuper des arts. De cette manière je montrerai tout naturellement l’erreur des auteurs , qui attribuent au prince l’invention de la gravure au racloir, vers 1646 ou 1649, ou même celle des écrivains les plus récents, qui fixent son importation en Angle-
56 Je trouve dans les archives de la Hesse une lettre de Louis de Kinschot au landgrave , qui le tient au courant des affaires politiques générales ; il écrit de la Haye en date du 25 février 1636 : « L’Angleterre semble nous promettre des merveilles; il est très asseuré que non seulement le Prince Palatin mais encore le Prince Robert y sont extrêmement bien reçus; on promet à celuy-là la restitution duPalatinat soit par armes, soit par diversion ou aultre voye, et à cestuy-cy de le faire admirai de la mer avec une pension de deux tonneaux d’or par an. Tant il y a que le roy de la Grande-Bretagne les caresse extraordinairement. »
57 Voici quelques dates des combats où il prit la plus brillante part. — Worchester, Edgeliill, 23 octobre 1642. — Chalgrove-field, juillet 1643. — La défaite de Marstonmoor, juillet 1644. — Hasebv, juin 1645.
terre, sous te régne de Charles 1er 58 , ou plus tard en i65639.
Après avoir soutenu franchement pendant trois ans la cause royale, de son épée et de ses conseils, et s etre assez brillamment conduit pour que Charles Ier se trouvât heureux de récompenser dans son neveu les services d un de ses generaux, et 1 eut successivement élevé à l’ordre de la Jarretière et à la pairie d’Angleterre, sous le titre de duc de Cumberland et de comte dHoldemess, le prince Rupert quitta le service de Charles I" , selon les uns; sur sa demande, selon d’autres, et c’est plus probable, par une sorte de démission forcée, pour avoir rendu, sans résistance, la ville de Bristol à Fai r fax , le i3 septembre 1 645. On n’allie pas facilement une lâcheté quelconque avec un mérite militaire aussi bien établi; il faut plutôt chercher, dans le caractère du roi, les intrigues de sa cour et les emportements de Rupert, la cause de cette reddition inattendue qui, bien qu’expliquée plus tard au souverain, et pleinement justifiée, n’en laisse pas moins une tache sur sa carrière militaire.
Rupert vint sur le continent et rejoignit le prince de Galles en France; il y resta jusqu’à ce que la révolte de la flotte des Dunes (mai et avril, 1648) lui permit de reprendre sa vie active en suivant le prince à Calais. Là ils s’embarquèrent, rejoignirent la flotte en Hollande et croisèrent sur les côtes d’Angleterre. Au mois de décembre, malgré beaucoup de rivalités, il fut placé à la tete de la flotte, choisit ses officiers, établit une discipline sévère et cingla vers l’Irlande. Je ne parlerai pas du séjour qu’il fit à terre, occupé de sa flotte, à Helvoetsluys, ou à déjouer des intrigues, à la Haye; il n’avait pas de temps à donner aux arts.
La flotte du parlement se mit à sa poursuite, et le bloqua dans le port de Kinsale, où il avait cherché un refuge contre des forces supérieures; mais il en sortit, au mois d octobre 1649? Par trait de valeur qui marque dans les annales de la marine anglaise. Il passa à Lisbonne en octobre i65o, fut défait par Blake vers la fin
5R Longhi, 1830, page 201. Giulio Ferrario, 1835, page 1 L9.
59 Henrici die Kupferstechkunst, 1834, page 139.
de cette année, perdit, dans cette affaire, tous ses vaisseaux, et s’enfuit à travers l’Espagne. La mauvaise fortune ne le décourage pas, il recompose une petite flotte, et, conjointement avec son frère Maurice, il court sus aux vaisseaux anglais, espagnols et génois jusque sur les côtes des Indes-Occidentales; mais les avaries de la mer ayant ruiné quelques vaisseaux, et fatigué les autres, il se vit dans l’impossibilité de se recruter, et rentra à Nantes, en i652 , avec un seul vaisseau de guerre et trois bâtiments, qu’il vendit pour payer la solde arriérée de ses équipages.
Les fatigues de cette vie aventureuse auraient tué tout autre homme, elles avaient seulement attaqué sa santé. Son séjour à Paris, ce loisir après tant de soucis, fut consacré par lui à l’étude des arts dont il avait 1 instinct sans avoir eu le temps de les pratiquer. Mais il quitta bientôt cette capitale et se rendit, vers la fin d’avril r 654 ? dans le Palatinat, pour régler les intérêts de son apanage.
Apres cette longue absence , il trouva quelque changement dans sa famille; son frère aîné, l’électeur régnant Charles-Louis, s’était rappelé, à son retour d’Angleterre, après avoir repris possession d une partie de son héritage, ses anciens rapports avec la maison de Hesse60. Le trône occupé par Amélie-Élisabeth faisait deCassel une résidence brillante ; il y vint, s’éprit des charmes et de la vivacité de la princesse Charlotte, et 1 avait épousee en grande pompe, le i2-i5 février i65o6'. Quelles qu’aient été les suites peu heureuses de cette union62, qui fut traversée par le scandale 63 qu’avait donné Phi-
Co L’électeur Louis avait épousé Élisabeth , fille du landgrave Philipp.
6‘ Theatr. Europ., tome VI, 1190-1200.
6:1 Sur les amours de l 'électeur et de la demoiselle de Degenfeld ainsi que sur les humiliants détails de sa séparation et de son soi-disant mariage morganatique, on peut lire trois biographies spéciales: Cologne, in-12, 1712; — Cologne, in-8°, 1693; — Sulzbach, in-8°, 1824;— Lipowski et beaucoup de bavardages romanesques dans d’autres ouvrages.— Le meilleur tableau de cette triste scène se trouve dans une longue lettre que la malheureuse électrice écrit à l’empereur sur les malheurs de son intérieur et les mauvais traitements (Maulschelle) que son mari lui inflige. Elle se trouve dans la biographie de l’électeur, Col. 1693, et dans Teutsche Reichs Cantzley vom jahr, 1661 , § LII, pages 156-180.
63 11 était réservé à la famille de Hesse de supporter le poids de l’erreur de l’un de ses chefs. Ce fut avec les arguments de Philippe-le-Magnanime et la décision des réformateurs â
lippe-le-Magnanime, cependant les premières années en furent très lieureuses, et les rapports des deux maisons très fréquents. Amélie- Élisabetli rendit bientôt après (le 25 septembre j65o) les rênes du gouvernement à son fils ; elle lui remit le meilleur résultat d’une régence habile, un traité avantageux de paix enveloppé dans les drapeaux conquis pendant la guerre. Elle se retira à Heidelberg, et y mourut le 8 août i65i 6*.
Dix ans de combats sur terre et sur mer, dans les conditions les plus avantageuses, donnent au corps une habitude, à l’esprit une disposition, qui ne peuvent plus s’associer avec l’oisiveté. Le prince Rupert, dans la tranquillité et le bien-être d’un beau pays natal, et l’intérêt d’une famille, s’adonna aux sciences et aux inventions, et trouva dans ces utiles et douces occupations un aliment suffisant à son activité.
Mais revenons à Louis de Siegen. Jusqu’alors établi en Hollande, près de ses parents, il semble avoir joui quelques années de cette douce indépendance; et c’est à ce temps de repos que l’on doit l’exécution de plusieurs planches, et l’introduction dans son art des perfectionnements dont il était susceptible.
Après la conclusion définitive de la paix, Siegen songea à se rattacher à une carrière et à un pays; ne trouvant ni dans sa patrie véritable, la Hollande, ni dans celle qu’il avait adoptée, la Hesse, cette assurance, il
son égard que l’électeur Charles-Louis répudia, contre toutes les lois morales , civiles ou religieuses, l’électrice Charlotte Landgræfin de Hesse pour épouser une concubine. Voir, sur la singulière décision des réformateurs , sa rédaction et le secret imposé, toutes les récriminations et défenses que ces actes ont soulevées.— Laurent Bœger.— Bossuet.— P.C.Mœser.— Schrockh. — Seckendorf.— Rommel , etc., etc.
64 Sur la vie d’Élisabeth , on peut consulter :