‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 11 sur 155 · V. Duruy, Hist. des Romains, t. VII, p · texte numérisé non relu

V. Duruy, Hist. des Romains, t. VII, p

5. Albert Dûment, Bulletin de la Soc. des Anliq. de France, 1873, p. 71 ; Edm. Le Blant, Sarcophages d'Arles, p. xxviii et pi. XXXV ; J. Pilloy, Études sur les verres francs à emblèmes chrétiens, dans ses Etudes iur d'anciens lieux de sépulture dans l'Aisne, t. III, p. 67.

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formes et des sujets qui les décorent, avec les intailles sur cristal de roche dont nous parlerons bientôt.

Mais s'ils lurent fort inhabiles à graver les diverses variétés du quartz hyalin ou opaque, les Barbares se rendaient bien compte de l'infériorité de leurs fausses gemmes de verre par rapport aux gemmes gravées par les anciens Grecs et Romains. Tout en laissant presque s'éteindre dans leurs mains trop rudes le flambeau des arts qui, d'ailleurs, leur avait été transmis à demi épuisé et languissant, ils tombèrent, mus à la fois par l'instinct de la cupidité et la recherche d'un luxe ratTuié, dans une admiration na'ive à la vue de ces agates irisées, de ces coupes d'or et d'argent constellées de camées et d'intailles, de ces vases murrhins aux reliefs chatovants, merveilles enfltntées par le génie de ces Romains qu'ils avaient subjugués, qu'ils remplaçaient et qu'ils aspiraient à égaler. Ils les recueillirent curieusement, comme des talismans, comme les joyaux les plus riches dont on pût se parer, les ex-voto les plus agréables à Dieu et aux saints.

Au surplus, ils n'eurent qu'à entrer dans la tradition romaine pour leur attribuer le rôle d'ornements personnels et d'amulettes ou pour les faire concourir à la décoration des produits de l'orfèvrerie. Saint l:loi et ses émules n'innovent rien quand ils enchâssent les intailles, les cabochons, les camées grecs et romains, au chaton de leurs bagues, sur les parois de leurs calices, de leurs patènes, de leurs croix, sur les ais de leurs sacramentaires ou de leurs évantréliaires. Les Romains l'avaient fait avant eux, et puis, l'exemple imposant des empereurs byzantins n'était-il pas là, sous leurs veux, avec son prestige si envié? 'Voilà pourquoi de nombreuses bagues de l'époque mérovingiennes ont, au chaton, une ancienne intaille romaine représentant un sujet pa'i'en '; pourquoi le roi goth Amalaric (7 530)

I. M. Dcloche, Etude sur L's U'ineaux sigiUaires, p. xix; C. BarrièrL'-Flavy, Les arts industriiis des peuples barbares de la Gaule, t. I, p. 96 ; A. Béquet, Les bagues franqnes et

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possède des joyaux, des vases et des coflrets enrichis de pierres précieuses ' ; pourquoi le Franc Childebert donne à l'église de Saint-Germain-dcs-Prés une croix d'or constellée de gemmes " ; pourquoi Brunchaut, lors de son mariage avec Sigebert, en 566, dédie à Saint-l:ticnne d'Auxcrrc. un calice en agate (('.v lapide oiiyihiiio). monté en or. sur lequel était gravée l'histoire d'Énée, avec une légende explicative en lettres grecques ' ; pourquoi enfin, parmi les somptueux présents offerts par la reine des Lombards Théodelinde (7 623) à l'église de Monza, figure une coupe de calcédoine avec une monture en vermeil rehaussée de pierreries, et un

Fig. IJ. — L'Annoiicintion. Intaillc byzantine. Trésor de Guarrazar, à Madrid.

évangéliaire dont les ais sont encore aujour-

d'hui décorés de camées romains '. Dans la partie du fameux trésor wisigoth de Guarrazar qui est conservée au musée de Madrid, se trouve une emeraude gravée qui représente l'Annonciation de la Vierge (ci-contre, fig. 13) '.Sertiedansun cadre d'or, cette intaille chrétienne est mêlée à une très grande quantité de gemmes non

mèroviiigieniies du iniisce de Naiinir, dans les Aniuilcs de lu Socii'te archcol. de Nainiir, t. XX, 1895, p. 212 ; L. Lindciischmidt, pp. (•//., t. II, Hflt XII, pi. 6, fig. Ii.

1. Grégoire de Tours, Hisl. Franc, III, lo; J. Labarte, Hist. des arts iiidiistiieh,t. I, p. 259 et t. III, p. 425.

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