Acta Sarictonaii ordiitis S. Beiiedicii, t. IV, p
5. Histor. episcop. Autissipdor., dans Labbe, Nm'a hibliolh. tiiss. lihr., t. I, p. 425 ; cf. J. Labarte, pp. cit., t. I, p. 214 et 241.
4. J. Labarte, op. cit., t. I, p. 214, 281, 310 et pL XXMII ; Ém. .Molinier, Histoire des arts appliques à V industrie, t. IV : L'orfèvrerie religieuse, p. 9 f t 92.
5. D'après un moulage que je dois à M. le comte de Valencia. Nous rappellerons que vers la fin de 1858, on trouva, non loin de Tolède, au lieu dit la Fneiite de Guarra^ar, un trésor contenant huit couronnes d'or ainsi que des croix et d'autres bijoux ornés de pierreries en cabochon. L'une de ces couronnes porte le nom du roi Receswinthe (y 672). Ce trésor est au musée de Cluny. De nouvelles recherches faites à proxiinité du même lieu, en 1881, amenèrent la découverte d'une nouvelle couronne portant le nom de Swinthila et d'autres précieux bijoux conser\és au musée de Madrid. Ferdinand de Lasteyrie, Descript. du Trésor de Guarra^ar, Paris, 1860, in-4; E. du Somnierard, Catal. du Musée de
l-l'OQL"i: MHROVIXGIF.XXE I7
gravées, et, c^mmc ces dernières, elle fuil partie de la décoration de bijoux, parmi lesquels une couronne portant le nom du roi Swinthila qui régna de 621 à 631 '. Ces joyaux sont wisigolhs; mais l'émeraude gravée, encastrée, sans que l'orfèvre ait voulu attirer spécialement l'attention sur elle, dans le hijou qui est appendu à la croix, appartient, — nous l'avons démontré ailleurs,
— à la glyptique byzantine ; c'est une pierre apportée d'Orient ou d'Italie en Espagne et adaptée à un bijou par un orfèvre wisigoth '.
Dans un des tombeaux de la crypte de l'abbaye de Jouarre, qui furent ouverts le 13 octobre 1627, en présence de Marie de Médicis, se trouvaient les restes d'un évêque du vn"' siècle,
— saint Ebrégésile, évèque de Meaux, suivant les uns, saint Agilbert, évêque de Paris, suivant d'autres, — et il y avait au doigt du défunt un anneau d'or émaillé orné, au chaton, d'une agate portant gravé en creux un sujet chrétien dont la beauté artistique frappa tous les assistants. Les critiques y reconnurent saint Jérôme ou saint Paul, ermite, agenouillé devant un crucifix et se frappant la poitrine '. Un semblable sujet est bien trop
Chniy, i86i,p. 591 et 397 ;D. [ose Amador de los R'iOf:, El ai U' latiiw-bi^tnitiiio l'ii l-'s/'iiùa y las coronasvisigodas de Giiarni:iar, Madrid, 1861, in-4 ; Franz Bock, Die Klciiiodien dcr heil. ràmischen Reiches, p. 178.
1. La couronne de Swinthila est reproduite dans Bocl<, Khinodicu, pi. XXXVll (en couleuns), et dans Em. Molinier, Hist. des arts appliques à l'indnslrie, t. IV : L'orfèvrerie religieuse et civile, p. 12.
2. E. Babelon, La glyptique à l'époque méroving. et carolingienne, dans les Comptes rendus de l'Acad. des Inscript, et Belles- Lettres, 1895, p. 405. Comparez des Annoirciations byzantines sur des bagues publiées par G. Schluniberger, Mélanges d'archéologie byzantine, p. 67 et 169.
3. André de Saussay, Panoplia episcopalis, p. 183 et 212 ; Gérard du Bois, Hist. eccles. Parisiensis, t. I, p. 205 ; Nouveau traité de diplomatique des Bénédictins, t. IV, p. 319; Annales Benedict., t. I, p. 456; Acta Sanctorum, août, t. VI, p. 695 ; Grésy, Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XXVII, p. 205 ; M. Deloche, Étude sur les anneaux sigiUaires, p. xix et 83. C'est sans doute la difficulté d'interprétation du sujet et les divergences auxquelles elle a donné lieu, les uns y voyant saint Paul ermite, les autres saint Jérôme, ainsi que l'identification du tombeau, celui de S. Ebrégésile ou d'Agilbert, qui a fait croire à l'existence de deux anneaux représentant l'un saint Paul, l'autre saint Jérôme.
E. B-\BEl.ON. — Hisloiie tic lu gravure sur geiHiiiei:. 2
l8 ÉPOQUE MHROVIXGIENNE
complique pour avoir été exécuté par un graveur franc du vn"= siècle : c'était plutôt une gemme byzantine.
Ainsi, les Barbares se parent avec orgueil des reliques de la glyptique grecque, romaine, byzantine, et comme les temples païens d'autrefois, les églises chrétiennes reçoivent en cadeau les camées et les intailles transformés en pieux ex-voto et utilisés par les orfèvres barbares dans la décoration des croix, des châsses, des couronnes, des vases sacrés, des vêtements sacerdotaux, des manuscrits liturgiques. Nous constaterons bientôt que l'époque carolingienne, puis les siècles avancés du moyen âge ne firent que continuer cette tradition et même renchérir sur elle.