‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 137 sur 155 · J. Mariette, Traité des piencs gravées, t. I, p · texte numérisé non relu

J. Mariette, Traité des piencs gravées, t. I, p

2. L. Natter, Traité de la méthode antique de graver en pierres fines, comparée à la moderne. Préface, p. xxviii (Londres, 1754").

caractères, lin comparant entre elles les signatures de notre artiste, au point de vue paléographique, on y constate des différences telles qu'on douterait de l'authenticité d'un certain nombre d'entre elles, si nous ne connaissions l'origine des gemmes qui les portent.

« 11 est curieux, ditj. Leturcq à ce sujet, de signaler une différence considérable, quant à l'exécution, entre les diverses signatures deGuay; quelques-unes sont formées de caractères de grande finesse et d'une grande perfection ; d'autres, au contraire, sont faites avec des lettres qui ne sont pas sans quelque ressemblance avec l'écriture ordinaire de Guay, écriture qui, tout en étant très lisible, est loin d'offrir des modèles de calligraphie... Cela ne nous amènerait-il pas à conjecturer que Guay ne grava pas toujours lui-même les signatures et les inscriptions de ses pierres, et laissa ce soin à des mains moins artistes, mais plus habituées à ces sortes de travaux, comme nous voyons encore de nos jours les graveurs héraldiques et les graveurs de chiffres exceller à faire certains ouvrages dans lesquels l'art n'entre pour rien? C'est ainsi que nous voyons également les artistes graveurs sur bois, sur cuivre, sur acier, faire faire, au bas de leurs planches, par des ouvriers spéciaux, les signatures, titres, inscriptions de sujets, dédicaces, etc., qui figurent au-dessous des estampes. Cette différence dans le travail des diverses signatures de Guay est très sensible, surtout si l'on compare les inscriptions fines et élégantes du portrait de M'""' de Pompadour, qui a, à l'exergue, GUAY F 1761, et autour du biseau : TAPPOMPADOUR-AN. M 39, — avec les écritures d'une simplicité naïve et sans prétention, des signatures et dates qui sont au bas d'un Louis X\'I : G'F- 1785, et au bas de la Marie-Antoinette : GUAY F' 1787, et une fleur de lis après la date '. »

i: J. Leturcq, op. cit., p. 23, note.

L'explication donnée par le consciencieux biographe de Guay est la seule qui soit plausible; les gemmes signées par Sirletti. par les Pichler et, ainsi que nous le constaterons, par les Simon, donneraient lieu à des observations analogues. Dès lors, ne pourrait-on pas appliquer un raisonnement semblable à certaines signatures gravées sur des gemmes grecques et romaines, regardées peut-être parfois avec trop de précipitation comme étant des additions modernes? X"y a-t-il pas là de quoi faire réfléchir les critiques qui, dans l'examen des signatures d'artistes, prennent exclusivement pour critères les caractères paléographiques et revendiquent l'identité absolue des formes pour toutes les signatures d'un même graveur?

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