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CHAPITRE X

Les Simon et les graveurs du temps de la Révolution et du commencement du XIXe siècle.

Jacques Guay ne tint jamais école de gravure sur gemmes; cependant, outre M'"'^ de Pompadour, il eut successivement deux élèves, l'un appelé Michel, l'autre Mayer Simon. Du premier on ne sait à peu près rien. Les seuls témoignages qui le concernent sont celui de La (^hau et Le Blond qui le citent avec éloges ', et celui de Raspe qui décrit, d'après une empreinte de la collection de Tassie, une intaille portant la signature Michel : il s'agit d'une prime d'émeraude sur laquelle l'artiste avait gravé un Silène ivre, dans un char conduit par trois Amours \ C'était, vraisemblablement, la copie d'une œuvre de la Renaissance italienne : nous ne savons ce qu'est devenue cette intaille. .Michel mourut jeune, sans doute, ou abandonna la gravure, car en dépit des belles espérances qu'il avait tait concevoir, on ne connaît aucune autre de ses œuvres et sa personnalité est demeurée tout à fait obscure.

Nous sommes mieux renseignés sur l'autre élève de (iuav, Mayer Simon qui appartenait à une famille nombreuse de joailliers et de graveurs sur gemmes. Le premier ancêtre connu

1. La Chaii et Le Blond. Dc^iipliou des pierres gravées du Cabinet du due d'OrUain.

2. Raspe, Catalogue des empreintes de Tassie, t. I, p. 285, n" 4583.

[£. Babelon. — histoire de la gravure sur gemmes, 14

de cette famille, est un certain Simon, joaillier juif, né en France, qui vers la fin du xvr siècle, passa en Angleterre. Sous le règne de Charles l", son fils, Thomas Simon, graveur de monnaies et de pierres fines, fut employé à l'Hôtel des monnaies d'York. En cette qualité, il se trouva en rapport avec Nicolas Briot, quand ce dernier, méconnu et tracassé en France, alla offrir ses services et son invention du balancier au roi d'Angleterre, en 1653. -'^ partir de 164^. nous voyons que Thoinas Simon reçoit du Parlement anglais une pension comme graveur de la .Monnaie de Londres, charge qu'il occupait encore en 1638; il mourut en 1665. Son œuvre comme médailleur a été étudiée dans le détail. Quant à ses gemmes gravées, d'ailleurs peu nombreuses, on cite parmi celles qui eurent le plus de succès, un portrait d'Olivier Cromwell et un autre de lord Clarendon. ministre de Charles II. Gori fitit l'éloge de Thomas Simon '.

On a conjecturé, mais sans preuve positive, que Ihomas Simon devait être apparenté à Jean-François Simon, antiquaire, qui i'ut garde du Cabinet du roi de France depuis le commencement de 1712 jusqu'à la fin de 1719 '.

Thomas Simon laissa un fils, Samuel Simon, et deux filles. Il avait plusieurs sœurs et quatre frères, Xathaniel, Lawrence, Abraham et Peter, qui eux-mêmes, eurent des enfants. On connaît un fils de Nathaniel, appelé William Simon. Ce dernier exerça la profession de joaillier et de graveur, ainsi que son cousin Samuel, .'

et comme, d'ailleurs, toute la tribu '.

1. Gori, Dactyliotheca Smithiaiia, t. II, p. 2S7 (Venise, 1767, in-folio). \'ovez aussi Millin,

Dictiomi. des Beaux-Arts, v° Glyptique, p. 719, et Inttvcl. ù l'élude de t'archéol. et des pierres 2-

gravées, éd. de 1796, p. 93; J. Leturcq, Notice sur Jacques Guay, p. 4. Peut-être nos deux camées de Cromwell (Babelon, Catalogue, n"s 970 61971) peuvent-ils être attribués à Thomas Simon.

2. J. Leturcq, op. cit., p. 6, note ; E. Habelon, Catalogue des camées, Introd.,

p. CXXXIII.

3. Sur Thomas Simon, son ceuvre comme médailleur et sa lamille. voir : Vertue, Jhc Coins, Medals and Great Seuls oj Thomas Simon. Londres, 1780, in-40; B. Kightingale,

LES SIMOX l-T I.HUliS CONTEMPORAINS 211

De Samuel ou de William qui étaient revenus chercher fortune sur le continciît, descendaient deux frères qui nous appartiennent par leur domicile et par la plupart de leurs tvuvres, J. Mayer Simon et J. Henri Simon.

Jacob-AIayer Simon naquit à Bruxelles en 1746 et mourut à Paris le 17 mars 1821 '. On l'a quelquefois appelé Simon de Paris, pour le dislint:;uer de son frère qui demeura longtemps à Bruxelles. C'est lui qui fut l'élève de Jacques Guay. Une de ses parentes, Marij;ucrite Simon épousa même un cousin de Jacques Guay, nommé Jean-Maurice Guay qui était entrepreneur de jardins à Paris '. Nous ne savons pas grand'chose des relations du maître avec l'élève, sinon que l'atelier de Guay que fréquentait Mayer Simon se trouvait dans sa maison de la rue Portefoin, au Marais, maison dont Simon se rendit plus tard acquéreur.

Les œuvres de Mayer Simon que cite un auteur dont nous avons eu souvent à invoquer le témoignage, J. Leturcq, apparenté lui-même, comme nous le verrons, à la famille Simon, sont les suivantes ' :

1. Camée représentant Jupiter et Anliope, signé SIMOX F. « Belle gravure », dit Raspe, dans le Catalogue d'empreintes de Tassie *. Sort inconnu.

2. Intaillc sur améthyste, représentant une nymphe qui joue avec un terme de Priape, signée SIMON F '. J. Leturcq ajoute qu'il a vu une empreinte de cette pierre dans la collection du peintre anglais Constable. Sort inconnu.

dans le Xmiiism. Chronidc, t. IV, 1S41-42, p. 21 1 à 252 ; Clcmciit Ta^'lor Sm\the, dans le Numisiii. Chronidc, t. IV, 1842-43, p. 161 à 166 (tableau généalogique à la p. 166); cf. B. Nightingale, même recueil, t. VII, 1844, p. 45.

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