Guioth, op. cit., p
2. H. Bordier, Archives de la France, p. 281. Je dois les moulages reproduits sur notre planche XVII, fig. 2 et 5, à l'obligeance amicale de M. le comte François Delaborde.
3. Serait-ce le buste de Démosthène sur une agate à deux couches, qui est entré au Cabinet des Médailles avec la collection de Luynes (E. Babelon, Catalogue des camées, no 314)?
4. J. Leturcq possédait cette gemme (Jacques Guay, p. ;, note); j'en ignore le sort aujourd'hui.
LHS SIMOX ET LEURS CONTEMPORAINS 215
5. Une gravure en relief, sur calcédoine, de deux tètes, d'Aspasie et de Périclès.
6. Une tète de Minerve, gravée au touret. sur un morceau d'acier trempé '.
Jean-Henri Simon habitait alors au Palais-Égalité (Palais royal), n" 88. En 1800, il exerçait les fonctions de professeur à l'École nationale de gravure, demeurant rue de l'Université, maison d'Aiguillon; il exposa au Salon de cette année :
« Portrait du Premier Consul, gravé sur une grande cornaline, et plusieurs autres objets en pierres précieuses, sous le même numéro '. »
Au Salon de 1801, il présenta « un cadre renfermant plusieurs pierres gravées » dont le livret ne fournit pas le détail.
Entraîné par les événements. Jean-Henri Simon abandonna pendant quelque temps la gravure des médailles et des pierres fines pour embrasser la carrière militaire. Ses brillants faits d'armes lui valurent le grade de lieutenant-colonel et la décoration de la Légion d'honneur, ce qui fit qu'on le désigna souvent sous le nom de « chevalier Simon » pour le distinguer des autres membres de sa famille. Rentré à Paris après une campagne en Espagne, il fut nommé professeur de gravure en pierres fines à l'Institut impérial des sourds-muets, et Napoléon, en même temps, l'attacha à son Cabinet, comme graveur du Conseil du sceau des titres. Il jouit de la protection de l'impératrice Joséphine.
Après que l'Empereur eut épousé Marie-Louise, le chevalier Simon continua à être le graveur de la Cour. Le musée Carnavalet possède un petit flacon à parfums, en cristal, qui a dû
1. J.-J. Guiffrey, Colkctioii des livrets des anciennes Expositions depuis i6y} jusqii\n iSoo, rééditée (Paris, 1S69 à 1871), t. XLI, Salon de 1799, no 626, p. 86 et 87; J. Leturcq, Notice sur Jacques Guay, p. 5, note.
2. J.-J. Guiffre}-, Collection des livrets des anciennes Expositions, t. XLII, Salon de 1800, n" 646, p. 84.
2l6 LES SIMON ET LEURS CONTEMPORAINS
appartenir à Marie-Louise, et sur lequel sont gravés en intaille les bustes accolés de Napoléon, de l'impératrice et du Roi de Rome; l'œuvre est signée Simon. Une pâte de verre imitant la cornaline, en la possession de M. Jean Frère, statuaire à Paris, représente les inêmes proiils impériaux avec la signature de Simon : c'est comme la réduction du cristal du musée Carnavalet et nous la reproduisons ici [PI. XVI, fig. 13], à titre d'échantillon des nombreux verres sur lesquels notre artiste représenta en creux des portraits ou des figures allégoriques dans le goût du temps; l'image gravée était revêtue d'une couche d'argent puis emprisonnée sous une autre plaque de verre fondu; elle se voit ainsi par transparence et soulignée par l'argenture, dans l'épaisseur de la paroi d'un gobelet, d'un flacon, d'un presse-papiers ou d'une simple plaque décorative. Ce genre d'objets fut fort à la mode et la riche collection napoléonienne de M. le sénateur Paul Le Roux renferme une intéressante série de ces bibelots ornés de gravures sur verre ou sur cristal, signées Simon. Le musée Carnavalet possède, sans nom d'artiste, trois autres cristaux, gravés de la même manière, à l'effigie de Napoléon : ce sont aussi, sans nul doute, des œuvres de Simon. Ils furent trouvés le 4 janvier 1899. avec des médailles et des inscriptions qui avaient été déposées le 4 avril 1810 dans une cavité de la première pierre de l'ancienne Cour des Comptes brûlée par la Commune en 1871 et démolie pour la construction delà nouvelle gare du chemin de fer d'Orléans.
Lorsque les Alliés étrangers envahirent la France en 1814, Simon reprit du service militaire comme colonel des éclaireurs francs du département de la Seine et il se fit de nouveau remarquer par son intrépidité. Après la chute de Napoléon, il se retira à Bruxelles où il fut nommé professeur de gravure sur pierres fines et médailles à l'École royale des Pays-Bas. En 181 7 il reçut le titre de graveur du Roi des Pays-Bas et peu après, il fut élu
membre de l'Ac.idé'mie des Bcaux-Arls d'Anvers '.Au mois d'août 1850, le chevalier Simon, — on le croirait ;'i peine. — reprit encore les armes pour l'indépendance de la Ikdgique : il avait quatre-vingts ans. Il mourut deux ans plus tard, le 12 mars i(S5 2, et fut enterré à Bruxelles avec les honneurs militaires.
Durant son séjour en Belgique, le chevalier Simon grava, entre autres, une suite de cent médailles représentant les hommes illustres des Pavs-Bas '. Ce sont des œuvres médiocres; nous n'avons pas, d'ailleurs, à insister ici à leur endroit. Seulement nous remarquerons que le chevalier Simon apporte dans sa signaturc sur ces médailles, les variétés suivantes : H. SIMON (j. ; SIMON G. ; SIMON F. ; SIMON ; SIMON C, . DU ROI ; SIMON P. DU ROI; S; F. SIMON. Ces variantes capricieuses qui rappellent celles des signatures de Jacques (kiay nous donnent à présumer qu'en ce qui concerne les pierres gravées, on ne saurait guère s'appuyer sur les particularités de la signature pour distinguer les œuvres des difTérents artistes du nom de Simon.
Le chevalier Jean-Henri Simon laissa un tils appelé Jean-Marie- Amable-Henri Simon, qui fut aussi graveur en pierres fines; il naquit à Paris le 28 janvier 1788 '. Pour le distinguer de son père, nous l'appellerons Amable Simon. Après avoir accompagné son père à Bruxelles en 1815, il ne tarda pas à rentrer à Paris. Au Salon de 1819, il obtint une troisième médaille pour des intailles représentant le roi Louis XVIII, Tempereur Alexandre de Russie,
1. Guioth, o/>. cil., p. 151 ; Millin, Inlrod. à l'i'lnde de l'archéologie, iiouv. édition revue par B. de Roquefort, p. 214 (Paris, 1826, in-8°).