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personnelle, leur dédain du eaniée et de rimaille tient malheureusement à des causes plus profondes que l'absence de musée de glvptologie moderne.
D'abord, Tintaille ou pierre gravée en creux n'est guère, en soi, une gemme décorative, et dans l'antiquité même, si elle figure comme pendeloque dans un collier, par exemple, c'est le plus souvent à titre de cachet ou d'amulette, et rarement comme jovau de parure. Ht en ellet, de tous temps, les meilleurs artistes ont fort bien accepté de graver des intailles sur des gemmes assez vulgaires comme la cornaline et le jaspe, sur des pierres ternes, opaques, d'un seul lit et sans éclat, parce que l'intaille n'est qu'un cachet et qu'on se préoccupe plutôt de la beauté du travail de gravure que des nuances et des chatoiements de la matière. A rencontre du camée, c'est l'empreinte surtout qu'on examine et que l'on apprécie. Or, aujourd'hui, les cachets, même ceux qu'on grave encore sur des pierres fines, ne comportent plus des sujets variés comme autrefois, des types mythologiques ou allégoriques, des reproductions de tableaux ou de statues, des portraits d'hommes célèbres. On n'v grave plus guère que des armoiries, des devises, des initiales, des majuscules plus ou moins entrelacées, quelquefois seulement des portraits. De plus, dans la pratique de la vie, l'usage du cachet a singulièrement diminué d'importance : ce n'est plus, pour ainsi dire, qu'une fantaisie traditionnelle, dont nombre de personnes se passent aisément.
Seules, les administrations publiques pourraient avoir encore, au lieu des timbres vulgaires qu'elles apposent sur les actes qu'elles doivent authentiquer, de beaux cachets en pierres fines, avec des types variés. Et cela serait, si l'instinct artistique était inné dans notre éducation et dans nos mœurs comme chez les anciens Grecs, ou si une préoccupation d'art nous dominait comme dans l'aristocratie et les cours des xvi'^ et xvm"^ siècles. Mais à présent, toute formule qui émane d'un bureau adminis-
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tratif est bien le contraire du sentiment artistique. Sans doute, on nous fabrique d'éloquentes circulaires sur l'utilité de la diffusion populaire de l'art, sur la propagation d'images artistiques jusque dans les écoles de villages, sur la multiplication des écoles d'art industriel, que sais-je enfin! Mais la circulaire même, promotrice de ces excellentes choses, ne rougit pas d'être maculée, en tète ou en queue, de timbres qui ne supporteraient pas la comparaison avec les tatouages des naturels de la Papouasie. Aujourd'hui, où l'on fait collection de toutes choses, même de timbres-poste et de boutons d'uniformes, je doute fort que quelque désœuvré soit jamais tenté de collectionner ces ex libris des mairies, tribunaux, préfectures et autres administrations publiques. Il nous arrive souvent de n'avoir pas assez de sarcasmes et de mépris pour les usages d'autrefois, la grossièreté des mœurs, la rudesse des ustensiles de toute sorte dont nos pères se servaient. Et cependant, combien les sceaux métalliques ou gemmés du moyen âge étaient plus artistiques que les nôtres! Je pourrais citer maints et maints sceaux de princes, d'abbayes, d'églises, de corporations, de chevaliers, de bourgeois, d'artisans même qui, en plein moyen âge, sont de purs chefs-d'œuvre.
J'imagine donc qu'on pourrait songer à réformer notre art sigillaire et que, de ce côté, il y aurait quelque chose à tenter en faveur de l'intaille sur pierre fine. Sans doute, les cachets ou sceaux de l'antiquité et du moyen âge ne seraient guère pratiques aujourd'hui parce que leur utilisation comporte l'emploi de la cire à cacheter. Cependant, il arrive souvent qu'on a encore à sceller avec la cire, et il me paraît bien qu'il serait possible et sans inconvénient pratique, de substituer comme sceau, dans certaines administrations publiques, une belle pierre gravée aux images sur cuivre que je n'ai pas caractérisées trop durement tout à l'heure. L'exemple venant d'en haut serait certainement suivi par les particuliers, et nous verrions bientôt la mode s'in-
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troduire de porter en breloque, comme autrefois, une cornaline, une jaspe ou une sardoine intaillée d'un sujet signé du nom d'un maître graveur.
Le camée doit être envisagé à un tout autre point de vue que rimaille. Le costume masculin, à notre époque, — et cela depuis la Révolution, — ne comporte plus l'utilisation de cet ancien favori de la grande mode. Nous n'avons plus d'enseignes à nos chapeaux, de boucles ornées à nos souliers, de boutons en pierres fines à nos habits. Ces luxueux usages ont passé, même pour les uniformes et les costumes de gala : ils ne paraissent pas en voie de retour. La parure t'éminine. de son côté, a répudié presque complètement le camée, pour le remplacer par les perles, les diamants, les pierres précieuses taillées à facettes. On peut le regretter, car les pierres précieuses taillées, sans doute moins lourdes que le camée et plus seyantes à la toilette de cérémonie, sont la négation même de l'art, le travail qu'elles ciimportent de la part du joaillier n'étant que du procédé mécanique. Mais il faut s'incliner devant des usages persistants et nous avons vu que les tentatives fitites, sous Napoléon L'^ pour réagir contre cet entraînement demeurèrent infructueuses. Les essais, pourtant heureux en euxmêmes, faits de notre temps par les bijoutiers novateurs, pour donner au camée une place honorable dans la parure féminine ou l'ornementation du bibelot artistique, n'ont pas été appréciés comme ils eussent mérité de l'être. On peut dire aujourd'hui, que si, d'aventure, un joaillier s'avise de faire entrer un camée dans la décoration d'un bijou quelconque, il se sent obligé de s'ingénier à sertir la gemme dans une riche et imposante monture, de la dissimuler en quelque sorte, pour que l'entourage devienne l'ornement principal et que le camée ne soit que l'accessoire. Un coffret à bijoux, un écrin de luxe, une bonbonnière, une couverture de livre précieux, tous ces menus bibelots, apanage obligé de l'élégance et de la coquetterie, trouvent moven d'être riches ou
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gracieux sans rintcrvcntion du camcc. Ils sont décorés de miniatures, de nielles, de ileurons émaillés ou ciselés, de filigranes et d'émaux délicats, de guillochages exquis, mais jamais plus de ces sardonyx multicolores sur lesquelles se détachent des scènes ou des portraits gravés en relief.
Pourtant, on peut concevoir une place pour le camée, au milieu de tous ces éléments décoratifs et il est peut-être possible de remonter le courant qui a emporté le xix"^ siècle tout entier. Un huste comme la Gallia de M. Aloreau-Vauthier, au musée du Luxembourg, qui est décoré d'émeraudes et de topazes en cabochons, eût eu, à d'autres époques, quelques camées discrets, incrustés dans le casque, les épaulières ou la cuirasse. L'antiquité, dans une œuvre pareille, n'eût eu garde de négliger cet élément de riche parure, et, pour préciser davantage, la tête de Méduse qui est ciselée en cuivre doré au milieu de la poitrine, eût été, à coup sûr, une grande gemme gravée. Un Pyrgotèle ou un Dioscoride eussent enchâssé à sa place quelqu'une de ces belles pha- 1ères, têtes de Méduse en calcédoine, qui sont aujourd'hui sous les vitrines de nos musées d'antiques. Un Benvenuto Ccllini y eût placé quelque copie de camée que Giovanni dclle Corniole ou Demenico dei Camei excellaient à exécuter.
Mais pour en revenir à de semblables pratiques, il importe que nos graveurs actuels n'oublient pas que le camée ne souffre pas la médiocrité, ni comme choix de la gemme à graver, ni comme utilisation des couches, ni comme perfection du dessin. La plupart des camées modernes, il faut bien le reconnaître, pèchent par le choix des gemmes, et tel de nos maîtres graveurs contemporains, devant lequel tremble la dure sardonyx comme le marbre tremblait devant Michel-Ange, ne paraît pas le moins du monde se préoccuper d'harmoniser son travail de gravure avec les lits différemment nuancés de sa gemme. Il importe donc d'insister sur ce point, car tout le succès du camée est là.
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Le champ de la glyptique comprend, non pas les pierres précieuses et le diitmant, dont l'éclat et les feux nuiraient à l'ellet de la gravure, mais les gemmes siliceuses ou argileuses qui sont susceptibles de recevoir un beau poli et de subir un travail de fine corrosion à la scie ou à la bouterolle du touret, sans se désagréger et sans imposer à l'artiste l'effort quasi surhumain que nécessiterait la gravure des corindons. Le graveur a donc dans son domaine toute la gamme des pierres fines et demi-fines, translucides ou opaques, depuis les plus belles variétés de l'agate jusqu'à la pierre lithographique. Suivant les convenances de son sujet, l'artiste doit choisir, recherchant de préférence les gemmes aux tons chauds, aux lits bien parallèles, aux couleurs chatoyantes, afin de rehausser l'œuvre de son outil par la beauté de la matière. Avant tout, il s'appliquera, par des combinaisons ingénieuses et qui sont l'essence même de son noble métier, à tirer parti de la polychromie naturelle de l'agate dans la composition de son sujet. S'il s'en dispense, son œuvre est condamnée d'avance, fût-elle parfaite sous le rapport de l'exécution ; on ne lui tiendra ancun compte de la difficulté vaincue et un simple bas-relief sur un beau marbre blanc plaira plus à contempler qu'un bas-relief sur une agate pleine de taches et de veines irréguliéres et malencontreuses. Considérez en efl"et, les plus beaux des camées de l'antiquité, de la Renaissance ou de Jacques Guay : ce que nous en admirons, ce qui nous ravit en eux, ce n'est pas seulement, comme en sculpture, le mérite artistique du travail de l'artiste; ce sont aussi ces couches multicolores que legraveura si merveilleusement utilisées, réservant celles qui sont fermes et éclatantes pour les parties les plus importantes de son sujet, celles qui sont atténuées et mourantes pour les détails secondaires, si bien que l'ensemble de la composition prend l'élégance d'une miniature due au pinceau d'un habile coloriste.
Xe nous lassons pas de le répéter : de tous les arts plastiques,
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2)8 l"aVI.XIK 1)F, la (,LYl'riQ.UH
la gravure des camées est celle qui est le plus étroitement esclave de la matière, et c'est ce que nos artistes modernes ont trop souvent oublié. On est vraiment peiné de constater, soit au Luxembourg, soit au musée Gallieraou dans nos Expositions annuelles, que des œuvres dont le dessin est des plus corrects et l'exécution des mieux enlevées, soient condamnées à l'insuccès par leurs auteurs eux-mêmes, soit à cause de la laideur de la gemme, soit par suite du désagréable et discordant effet des tons et des nuances qui eussent dû. bien au contraire, contribuer à faire valoir la gravure. J'ai parlé plus haut de l'aspect morose et froid de VJpo- Ibéoscdc Xiipolcoii. qui provient en grande partie des nuances ternes et nuageuses de la sardoine employée par Adolphe David. Des camées de H. François lui-même, par exemple, son Aiiioitr filial et dans quelque mesure aussi son Cniiic de la pciiihirc s inspirant de la /VnVc', n'échappent pas à cette critique; j'ai fait remarquer, tout à l'heure en passant, que de belles œuvres de MM. G. Lemaire, Tonnellier, Gaulard. Galbrunner et d'autres, encouraient les mêmes reproches. Une des gemmes qui a coûté le plus de travail à M. Tonnellier. sa Tciitalioii, au musée Galliera. est peut-être Fa^uvre moderne où ce grave défaut s'étale avec le plus de sansgêne et comme une gageure contre la nature.
Un autre défaut commun à la plupart de nos artistes contemporains et qui n'est pas sans point de contact avec celui que je viensde signaler, c'est qu'ils paraissent, avant tout, être hantés par le désir de graver de très grands camées, de très grandes intailles. S'ils se mettent à la recherche d'une gemme chez les minéralogistes, ils s'inquiètent beaucoup plus des dimensions que de la richesse des couches et du parallélisme régulier des lits. Déplorable erreur! Jamais Jacques Guay n'a gravé une gemme aussi énorme que la plupart de celles que nous voyons figurer au Luxembourg ou dans chacun de nos Salons annuels. Ln revanche, ses œuvres exquises sont toujours surdes gemmes d'une idéale pureté
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de matière, et le sujet s'y détaclTe avec une perfection de lignes et de dessin qui enlèvent l'admiration. Sauf deux ou trois exceptions que l'on cite à cause de leur caractère insolite, il n'y a pas non plus de grands camées de la Renaissance italienne; au contraire . les artistes de ce temps s'évertuaient parfois, ce qui était une autre exagération, à graver des merveilles dans l'infiniment petit. L'antiquité tout entière n'a produit que quatre ou cinq camées aussi grands que ceux que nos artistes modernes sont si fiers d'avoir gravés ; les Pyrgotèle et les Dioscoride se sont, en revanche, appliqués à choisir des sardonyx de toute beauté et à tirer un habile parti de leurs couches, due notre jeune école reprenne ces errements, et le succès viendra vite couronner ses etTorts.
On compare ou l'on rapproche souvent la gemme gravée de la médaille, soit pour les opposer l'une à l'autre, soit au contraire pour les unir étroitement et leur imposer les mêmes règlements, les juger d'après les mêmes principes. Soit! cependant il y a une ditïérence essentielle, puisque, dans la médaille, l'artiste n'a pas à s'inquiéter découches multicolores ni de l'etTet que produira la matière dans laquelle il doit faire prendre corps à son œuvre.
Il est arrivé assez souvent, — la suite de cette étude l'a démontré, — que l'art de la gravure en pierres fines et l'art de la gravure en médailles fussent le monopole des mêmes artistes, et marchassent de pair, côte à côte et se donnant la main. Dès l'antiquité grecque, rappelons-le, nous voyons les mêmes maîtres s'attaquer indifféremment à la gemme et au métal, graver suivant leur fantaisie ou au gré des commandes, tantôt des camées ou des intailles, tantôt des coins monétaires. Phrygillos, Olympios, Cimon et leurs émules, ont gravé à la fois les plus belles des intailles grecques et les plus belles médailles. Cette alliance étroite de deux arts qui s'attaquent à des matières si différentes, la Renaissance l'a respectée et y est demeurée fidèle. Presque tous les graveurs de médailles, monnaies et plaquettes des xv-' et
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xvi"^ siècles, ont été également des graveurs en pierres fines, et souvent ils ont traité le même sujet, à la Ibis sur la pierre et sur le bronze. Des orfèvres et mèdailleurs comme Benvenuto Cellini et les deux Lconi ont gravé des pierres fines, et il serait délicat de décider si des maîtres comme Alatteo dal Nassaro, Domenico Compagni surnommé lirCanniici et Giovanni de Castelbolognese, dit Giovanni tlcllc Coniiolc, ont excellé davantage dans la gravure des gemmes ou dans celle des médailles et plaquettes. Nous avons constaté qu'on peut en dire autant de notre grand Guillaume Dupré, sous Henri lY et Louis XIII: son contemporain Olivier Coldoré fut inême graveur sur bois.
L'époque moderne s'est sensiblement écartée de cettre tradition dès le xvii<^ siècle, et elle a une tendance à h répudier chaque jour davantage. Les mèdailleurs des règnes de Louis Xl\' et de Louis XV n'ont point gravé de gemmes, et il ne semble pas que Jacques Guay ait signé une seule médaille. Je ne connais non plus ni médailles ni plaquettes de Natter et des trois Pichler. Au contraire, JeuflVoy, Tiollier, Girometti et les Simon ont gravé à la fois des médailles et des pierres fines, tandis que des artistes éminents et plus rapprochés de nous, comme H. François et Adolphe David, se sont confinés dans le travail des géminés. Et en revanche, les grands maîtres de la médaille contemporaine, les Chaplain, lesRotyet leurs disciples restent étroitement cantonnés dans la spécialité où ils ont conquis leur légitime renommée.
Les causes de cet abandon de la glyptique par les mèdailleurs contemporains sont sans doute multiples; j'en entrevois une qu'il est bon de signaler. Elle réside dans les procédés mécaniques auxquels ont recours nos mèdailleurs d'à présent : l'invention et l'abus du tour à réduire sont en voie de consommer la rupture entre la médaille et la gemme gravée, i'hi efl'et, le graveur en pierres fines ne peut, lui, se dispenser de graver; après avoir modelé son sujet en cire ou autrement, il est contraint de s'asseoir devant son
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toLirct et de creuser la pierre à la molette ou à la bouterolle : l'artiste doit être double d'un habile praticien. 11 en était ainsi du médailleur d'autrefois qui. pour exécuter un coin destiné à la trappe, devait i^ravcr au burin son bloc d'acier. Mais aujourd'hui, la plupart de nos médailleurs sont devenus en réalité des sculpteurs: sculpteurs de bas-reliefs pour médailles; ils ne gravent plus et se contentent de modeler une matière molle, cire ou terre glaise. Leur œuvre est conçue et exécutée en grandes proportions ; ils l'abandonnent ensuite au praticien qui, avec le tour à rcdiiirc la rapetisse mécaniquement et la ramène aux proportions voulues ; la gravure du coin d'acier se fait par un procédé mécanique analogue. A peine est-il nécessaire que l'artiste surveille ces opérations et procède, chemin faisant, à quelques retouches. Son art consiste donc, non plus à graver péniblement le dur métal, mais à modeler un bas-relief sculptural, en lui donnant les dispositions qu'il croit convenir le mieux à une médaille et que l'expérience lui a enseignées.
Dès lors, n'étant plus, lui-même, graveur des coins d'acier avec lesquels on frappe sa médaille, il ne saurait plus être graveur en pierres fines, et il manque d'expérience technique pour s'attaquer aux variétés du quartz. On peut aujourd'hui, grâce à ces procédés, arriver à faire de belles médailles sans savoir graver; voilà pourquoi, dans les concours organisés pour les médailleurs, il n'est plus besoin comme autrefois, de demander à ceux-ci de prouver qu'ils connaissent les procédés techniques de la gravure en leur imposant l'obligation de graver une gemme.
Seuls, les graveurs sur acier comme MM. Tasset et Le Double, seraient préparés à creuser la gemme comme ils le font du métal ; seuls désormais, ils font appel à la même délicatesse de touche, à la même dextérité de main ; leur art et celui de la glyptique des gemmes ont besoin du même intermédiaire de la loupe grossissante, nécessitent la même éducation de l'œil et la même patience
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dans rexccLition. procèdent de la même esthétique, tout en se servant d'instruments tout différents.
La médaille a, sur la pierre gravée, cet avantage, si c'en est un, de pouvoir être reproduite indéfiniment : tout le monde peut se procurer un exemplaire de la médaille qui lui plaît. La pierre gravée, au contraire, est nécessairement unique; il n'y a qu'un original et on ne peut le propager que par des faux, c'est-à-dire par des copies ou par le surmoulage. C'est un inconvénient pour le graveur qui ne peut cdilcr son œuvre et en vendre des exemplaires identiques, au gré des demandes; c'est un avantage pour le collectionneur jaloux, — • ils le sont tous, — qui a un objet unique, impérissable. Il est sûr que le pareil n'existe pas chez son confrère et que son joyau ne deviendra jamais banal à force d'être reproduit et prodigué à tout venant. Malgré cela, la médaille est préférée aujourd'hui ; elle est de plus en plus à la mode, peutêtre parce qu'elle est moins aristocratique que la pierre gravée. Celle-ci sera toujours moins accessible, sans doute; toutefois elle peut faire bonne et grande figure aussi dans le cortège des arts modernes et ce sera, peut-être, l'honneur du xx"-' siècle de l'avoir réhabilitée.