‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 25 sur 155 · Page 8 de l'édition de l'Escalopier · texte numérisé non relu

Page 8 de l'édition de l'Escalopier

2. Ce passage est reproduit dans l'édition anglaise du Trailc de Théophile, par Robert Hendrie (Londres, 1847, in-8°), p. 386, livre III, ch. xciv. Cf. Victor Ga)', Glossaire archcol., v" Ciishil, p. 498-499.

5. Em. Molinier, Hist. ge'ii. des arts appliqués à Findiistrie, t. IV : V orfèvrerie religieuse et civile, p. 155, fig.

E. Babelon. — Histoire lie la gravure sur gemmes. 4

30 i;i;poQ.ui- de biirxward i;t iji; sl"gek

De la même époque il nous est encore parvenu une intaille, d'un travail et d'un style fort supérieurs, qui atteste bien, comme le dit Théophile, que la gravure des gemmes et celle de l'ivoire marchaient côte à côte et se donnant la main : c'est une remarquable matrice de sceau en agate-calcédoine blonde, avec taches rouges, translucide, conservée au musée de Lyon ' [PI. V, fig. 2J. Ce sceau ecclésiastique, de forme ovale et d'une épaisseur d'environ 7 millimètres, représente un évêque ou un abbé assis, de face, sur un trône, tenant d'une main un livre ouvert et de l'autre une crosse en tciii : il est imberbe, tonsuré, et sa chasuble descend en pointe jusqu'à ses pieds. Nous rapprocherons ce précieux monument d'un autre sceau, celui-ci en ivoire et provenant de l'abbaye de Saint-Servais de Maëstricht, comme l'indique la légende + SCS S€RVAT1VS EPS -. Le style de ces deux matrices les classe à l'époque où l'on faisait encore couramment usage de grands sceaux en pierres fines et en ivoire, à côté des sceaux en cuivre qui, dès le xr' siècle même, tendent à se substituer aux sceaux en une autre matière.

du'on juge, par ce qui précède, jusqu'à quel point sont rares et obscurs les témoiiïna2;es relatifs à la gravure du cristal de roche et des autres gemmes, au début de la période féodale ! Ils suffisent toutefois pour que nous soyons autorisés à affirmer que l'ancienne Lotharingie n'avait pas cessé d'être le principal foyer de cet art et des industries mécaniques en Occident. Ainsi s'explique-t-on pour quels motifs Suger, au commencement du XII"-' siècle, fait venir de cette contrée, sinon des graveurs de gemmes, — ce que l'histoire ne nous dit point, — du moins

1. J'en dois l'empreinte à l'obligeance de M. Paul Dissard, consenateur du musée archéologique de L\'on.

2. Il a été vendu à l'hôtel Drouot, à Paris, le 24 novembre 1877. Vovez le journal L'Art, n° du 18 novembre 1877, t. XI. p. ié6 ; E. Babelcn, Bulletin de la Société des antiquaires de Fiance, 1897, p. 260, fig.

Fig

La sutaette de sainte Foy. au Trésor de Conques (Aveyron).

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toute une pléiade d"orfcvrcs-émailleurs Çpliiirs auriftibroi Loiharingos). qu'il charge d'enchâsser dans des montures d'or ou d'argent doré, les gemmes et les beaux vases en pierres fines, dont il voulait enrichir le Trésor de l'abbaye de Saint-Denis '.

Suger ne faisait en cela que marcher sur les traces de l'évèque Bernward et de bien d'autres prélats ou barons qui, s'inspirant de l'exemple des princes carolingiens, continuaient à enrichir les trésors des églises des produits de la glyptique et de l'orfèvrerie diaprée de gemmes et d'émaux. Avant lui, le roi Robert le Pieux avait fait exécuter par le moine Odoram des châsses d'or et d'argent rehaussées de pierreries, qu'il donna au monastère de Saint- Pierre-le-Vif, à Sens - ; Burchard, comte de Melun, dans les premières années du xi'= siècle, avait offert un vase précieux en aiguë marine à l'église Saint-Maur-des-Fossés '; l'empereur Henri II (7 1025), vers le même temps, avait donné à l'église Saint-\'iton de ^'erdun, un calice en onyx, orné d'une monture d'or^ ; saint Dominique de Silos, fondateur du monastère de ce nom, en 1041, lui laissa un calice et une patène sur lesquels sont enchâssés un camée et une intaille antiques entourés de cabochons '. Des origines analogues ont été reconnues à plusieurs des reliquaires de Saint-Maurice en \'alais'^; de Conques, dont le Trésor fut si merveilleusement doté par l'abbé Bégon III" ; de Quedlimbourg en Saxe, dont l'abbaye fut fondée par Othon l" le Grand, en 936. **

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