Em. Molinicr, Hist. gCn. des arts, etc., t. IV, p
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mineur de lettres capitales dans les manuscrits ' : c'est là, malheureusement, tout ce que nous savons sur son compte.
A ses côtés et parmi ses émules, artistes en tous genres, qui peuplaient les ateliers monastiques de ce temps, nous énumérerons : Hugues de Alonlierender, Richard, abbé de Saint-Viton de Verdun, Bégon, abbé de Conques en Rouergue, Jean l'Italien, protégé d'Othon III, qui travailla à Aix-la-Chapelle et à Liège; enfin les sculpteurs, orfèvres, émailleurs, verriers, peintres, ivoiriers, enlumineurs des abbayes de Reichenau, de Saint-Gall, de Saint-Emmeran de Ratisbonne, de Fulda, d'Essen, de Metz, de Trêves, de Verdun, de Conques, tous moines voyageurs que se prêtaient les églises et les couvents, suivant qu'ici ou là on avait besoin de la spécialité où chacun d'eux était réputé sans rival. Gravêrent-ils les pierres fines? Nous ne pouvons que le soupçonner devant le silence des textes qui, pourtant, remarquons-le, vantent leur habileté dans tous les procédés mécaniques et toutes les branches de l'art.
Il est bien regrettable aussi que le Traité que le moine Théophile écrivit un peu plus tard, dans la première moitié du xii'= siècle, sur les divers arts pratiqués de son temps, passe à peu près sous silence la sigillographie et la gravure sur pierres fines -. A rencontre d'Hèraclius, Théophile qui vécut dans les pays
1. Fitkonem praxciitoiciii posi t'iiin iii iUuminalioiiibui capilaliiiiii liltcranim cl inciiioiiibus Ugnorum et lapidum (vovez Caiitatorium saiicti Huhcrti, ou Histoire de l'abbaye de Saint- Hubert, depuis environ 687 jusqu'à 1106, dans les Moiiiimetits pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Haiuaut et de Luxembourg, publiés par le baron de Reiffenberg, t. VII, p. 246 (Bruxelles, 1847, in-4f). Il nous semble que si le moine Foulques eut été simplement tailleur de pierres ou graveur d'inscriptions sur pierres, funéraires ou autres, le chroniqueur eût emplové une autre expression que celle à'iiicisor lapidtiin.
2. Théophile, Diver sarum ariium schedula, fuhWé par Ch. de l'Escalopier (Paris, 1843, in-4°) ; cf. Alfred Darcel, Notice des émaux et de l'orfèvrerie au musée du Louvre, édit. de 1885, p. 594 ; A. Giry, Notice sur un traité du moyen dgc, etc., dans le xxxv^ fasc. de la Biblioth. de l'École des Hautes Etudes {Mélanges V. Duruy), p. 224 et suiv. ; Em. Molinier, Hist.gén. des arts, etc., t. IV, p. 141.
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rhénans, décrit k'S procédés techniques réellement appliqués autour de lui, sinon par lui-même; il se réclame des Grecs, c'est-àdire des Byzantins, qui sont ainsi proclamés les maîtres des artistes occidentaux. Il indique la manière de sertir les vases en pierres fines dans des montures métalliques, ainsi que le procédé pour enchâsser des pierres précieuses sur les croix, les livres liturgiques, la bordure des vêtements sacerdotaux. 11 n'est question de la gravure des gemmes que dans une allusion trop discrète qui nous apprend simplement qu'elle existait en Occident et allait de pair avec la sculpture de l'ivoire (gcmiiutriiiii ossiuinve scalpliirii) '. C'est à peine si nous osons citer encore le passage suivant qui a bien trait à la fabrication des boules de cristal, mais qui n'est qu'une interpolation postérieure : Si nodos facere vohicris ex ihrislallo qui hacidis cpiscoporum vel caudac hihris posstmt iiiipoiii, hoc modo pcrforabis COS.. . ' Nous connaissons de nombreuses boules de cristal exécutées du ix'-' au xn'-' siècle et qui, percées de trous, étaient destinées à orner des reliquaires ou divers ustensiles liturgiques. La calhcdra sur laquelle est assise la statuette de sainte Foy, à Conques, nous en olTre quatre beaux échantillons (ci-après,
fig. 21).
Une grande et belle plaque de reliure en vermeil, conservée au musée d'Utrecht, comprend, parmi les éléments de sa décoration, deux camées de travail barbare qui ne sont que de grossières imitations de camées antiques : on doit, suivant toute vraisemblance, en placer la gravure au \^ ou xi'^ siècle, c'est-cà-dire vers le temps où la plaque elle-même a été exécutée '.