L EPOQUE DE BERNWARD ET DE SUGER
Le Trésor de Saint-Denis, de son côté, avait été enrichi par les princes carolingiens, et malgré les prélèvements qu'y lit le roi Eudes', il s'enorgueillissait encore, au commencement du XH"^ siècle, d'un nombre considérable de coupes en agate, de livres, de reliquaires et d'ustensiles incrustés de pierreries. Mais l'abbé Suger contribua plus que tout autre, à accroître les richesses de cet incomparable Trésor dont quelques épaves sont venues échouer, à l'époque de la Révolution, au Cabinet des Médailles et au Musée du Louvre. On prend plaisir à lire dans le chapitre De sou adiiiiiiisIralioiiAc récit que t";ut Suger lui-même de l'ardeur avec laquelle il poursuit jusqu'en Sicile les camées, les coupes de sardonyx et les autres produits de la glyptique antique, byzantine ou orientale *. Non seulement il provoque les libéralités de Roger II, roi de Sicile, ou de Thibaut, comte de Champagne, mais il fait appel aux artistes les plus en vogue de son temps, dans tous les pays, surtout en Lorraine, pour leur faire fabriquer de riches montures destinées à ces coupes, des reliquaires, des croix, des couvertures de livres et autres objets liturgiques, dans lesquels des camées ou des intailles sont enchâssés. Un des camées antiques que Suger fît ainsi entourer d'une monture d'orfèvrerie, se trouve aujourd'hui dans la cathédrale d'Aoste '. La coupe de Ptolémée, au Cabinet des Médailles, et des gondoles en sardonyx conservées dans le même musée, furent enrichies, par les soins de Suger, de montures en or émaillé, et données par lui au Trésor
du x<: siècle, dit Coffret d'Othon h'^, sur l'une des faces duquel est encastrée une grande améthyste antique représentant une tête de Bacchus en demi-ronde bosse. J. Marquet de Vasselot, dans \t:s Monuments Piot, t. VI, p. 181 et pi. xvi.
1. L. Delisle, Instructions adressées par le Comité des travaux historiques; Littérature latine, 1890, p. 8 ; E. Molinier, Hist. générale des arts appliqués à V industrie, t. IV. L'orpvrerie, p. 79.
2. Cf. J. Labarte, Hist. des arts industriels, t. I, p. 205 et 215 ; Em. Molinier, op. cit., t. IV, p. lés 6' suiv.
3. Ga^^ette des Beaux-Arts, t. XXII (1880, 2<: part.), p. So.