R. de Lespinasse et Fr. Bonnardot, op. cil., p
3. R. de Lespinasse, Les inéliers et corporations de la ville de Paris, xiv<;-xvili» siècle, t. II, p. 81, note 4. Voir à la p. 81 et suiv. du même ouvrage, les règlements de la corporation des cristalliers, à partir du xiv= siècle.
78 LES CRISTALLIERS DU XIIl'^ SIÈCLE
de verre, et de fabriquer des pierres précieuses artificielles. Les statuts des cristalliers leur défendent d'imiter le cristal et les autres pierres précieuses avec du verre. 11 est, en effet, fréquemment question, dans les documents du moyen âge, de « pierres de voirre, vouarre vers, esmeraudes de vouarre. ruhis de vouarre, vairre teint en manière d"agathe, etc. ». Il paraît que Ton pouvait facilement se laisser tromper par la ressemblance de ces pâtes avec les véritables gemmes : « Auculnes foys, dit Le Propriétaire des choses, les faulces pierres sont si semblables aux vreyes, que ceux qui myeulx si cognoissent y sont bien souvent déceulx '. »
Comme dans l'antiquité, les faux camées en pâte de verre servaient aux mêmes usages que les véritables camées en pierres fines. C'est ce que nous prouve, entre autres, ce passage du Registre de la corporation des orfèvres de Paris, en 1381 ; « Un marchant forain, nommé Balthasar, avoit un porte-paix fait de dehors du pais, ouquel avoit plusieurs pierres comme camaieux et autres pierres ; ouquel porte-paix ledit Balthasar fit mettre un camaieu de verre par un orfèvre '. »
C'est surtout à cause des confusions que pouvaient amener ces pâtes vitreuses que les cristalliers de Paris introduisirent des changements dans les règlements de leur corporation, dès 153 1. Deux siècles et demi plus tard, en 1384, de nouveaux statuts portent que « les cristalliers s'appelleront désormais lapidaires, tailleurs, graveurs eu eauu'es et pierres fiues ' ».
Par la nature même de leur spécialité, les cristalliers avaient des relations suivies avec les orfèvres qu'ils chargeaient de monter leurs ouvrages. Le Dictiouuaire de Jehau de Garlamle (12 18 à