E. Babelon, Catalogue, n
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RExn d'axjou et le xv^ siècle fraxçais
artistes qu'il encourageait de sa protection éclairée, qu'il convient d'attrihuerquelques intailles et camées français qui ne sauraient, par leur style, ni remonter au xiv^ siècle, ni descendre jusqu'au xvi*. Par exemple, la fameuse intaille du Musée du Louvre connue sous la fausse dénomination de Bague de saint Louis ' (ci-contre, fîg. 44). Il s'agit d'un saphir taillé en table, sur lequel est gravée la figure d'un roi en pied, debout, nimbé, couronné et portant le globe et
le sceptre. Sur le pourtour
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^ lis en creux sont remplies
5ANT"L0VIS' d'email noir. Auprès de la tête
du Roi. les lettres S-L: l'inscription : C'EST LESINEV t)V ROI SAINT LOVIS, est tracée à l'intérieur de l'anneau. On a cru longtemps que cette bague qui provient du Trésor de l'abbaye de Saint-Denis, remontait à Philippe le Bel, et Labarte a même voulu voir dans la gravure un travail bvzantin '. Mais il faut bien le reconnaître, le type de la figure royale et l'inscription en lettres niellées ne sauraient être antérieurs à la seconde moitié du xV' siècle : Louis XII est le premier de nos rois qui se soit fait représenter sur ses sceaux, comme l'est ici saint Louis, tenant à la main le globe du monde.
Du même temps est la bague d'or du musée du Louvre, dont le chaton est un saphir gravé d'un écusson aux armes des Lusignan :
Fig. 44. — Cichet-bague du xv'' siècle. Muste du Louvre.
1. J. Labarte, Hist. des arts industriels, t. III, p. 204 à 207 ; Barbey de Jouy, Gemmes et joyaux de h couronne, pi. XI ; A. D.ircel et E. Molinier, Notice des anaux du musée du Louvre, Supplément, D, 947, p. 575.
2. J. Labarte, Hist. des arts industriels, t. III. p. 204 .i 207.
KKN'i-; n ANJOU l'.r u-. xv-' siuclf. français 117
une sirène de (acc. Sur la monture on lit, en caractères gothiques du xv*^ siècle, la devise: CELLE QliE JEME M'YMMERA '.
Sous les vitrines du (Cabinet des Médailles, parmi les rares gemmes que l'on peut attribuer au xv"-' siècle, d'après leur style, nous signalerons un petit camée en pâte de verre bleuâtre qui représente le Christ à mi-corps, sortant du sépulcre, type bien connu dans l'art sous le nom de Cbrisl de Piiic [PI. VII, fig. 16| '. Le tombeau a la forme d'une cuve festonnée; le Christ a la tête inclinée, les yeux mi-clos, les mains croisées sur la poitrine. Nous possédons aussi, du même temps, un Saint lliibrrl à ht chasse [PI. VII, fig. 19| '. Le saint, à cheval, a la tête ceinte d'un nimbe formé d'une ligne circulaire de petits points gravés en creux: il est vêtu d'une tunique serrée à la taille; de la main droite, il tient la bride de son cheval; sur son poignet gauche étendu il porte un faucon ; son chien suit par derrière. Un autre de nos camées contemporains, si l'on en juge par le style, se rapporte à une légende populaire au moyen âge : il représente la Sibylle de Cumes qui montre à Auguste une apparition de la ^'ierge [PI. VII, fig. 22| t. Pétrarque, dans une lettre au pape Clément \"I, fait allusion à ce miracle; des plaquettes en bronze de la seconde moitié du xv*^ siècle et nombre d'autres monuments, parmi lesquelles vitraux des églises de Saint-Parres-les-Tertreset de Saint- Léger-lès-Troyes (Aube), construites vers 15 10, retracent aussi le même épisode légendaire '.
Au cycle du roi René se rattache encore, suivant toute vraisemblance, notre belle sardonyx à trois couches qui représente saint Jérôme agenouillé au pied de la croix [PI. VII, fig. 20]; le
1. A. Darcel et E. Molinier, Xotice des nnaux du musée du Louvre, n° D, 738.