‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 68 sur 155 · E. Babelon, Catalogue, n · texte numérisé non relu

E. Babelon, Catalogue, n

5. E. Molinier, Les Plaquettes, t. I, p. 158, 11° 185 ; t. II, p. 51, n" 417; Cli Fichot, Statistique monumentale du département de l'Aube, t. I, p. 82 et 433.

Il8 RENÉ d'aN'JOU et LE XV^ SIÈCLE FRANÇAIS

saint est barbu, vêtu seulement d'un manteau; d'une main il saisit la croix, de l'autre il se frappe la poitrine. C'est là un sujet souvent interprété par l'art au moyen âge et même encore à la Renaissance '.

Le baron Jérôme Pichon a proposé d'attribuer à Bertrand de La Tour, premier comte d'Auvergne, un des héros du règne de

Charles \'IL une bague qui, de sa collection est passée au Cabinet des Médailles |P1. Vn, fig. 17] '.Au chaton est une remarquable calcédoine saphirine, intaillée d'une tète de jeune homme coitTée d'un bonnet qui a pour ornement trois coquilles de pèlerin. Sur la sertissure, on lit : ^ S- Bt)G WRRE, en lettres gothiques (ci-contre, fig. 43). Quoi qu'il en soit de l'attribution hypothétique du baron Pichon, nous avons ici un beau spécimen de la gravure sur pierres fines en France, sinon contemporain de Charles VH, du moins de l'époque de Louis XL

Du même temps, mais peut-être d'origine italienne, est un grand camée sur sardonyx à trois couches, de la- collection impériale de Vienne qui représente la Crucifixion [PI. VH, fig. 21]. Le nombre des personnages groupés autour de la croix, l'harmonie de la composition, la beauté et la grandeur de la gemme font de ce camée un joyau de premier ordre '.

Fig. 45. — Bague de B.

de La Tour, Cabinet des Médailles.

1. R. Bubelon, Catalogtw, n° 421 ; cf. notamment un saint Jérôme en or émaillé donné en 1696 par l'abbé Olivier à la chasse de la Sainte Chemise de Chartres. F. de Mélv, Le trésor de Chartres, p. 25, note. Vo\'ez aussi le saint Jérôme agenouillé, en ivoire, de la Renaissance, au musée du Louvre.

2. Collections du baron Jérôme Pichon. Objets antiques, etc.. Calai., n" 61 ; Eug. Fontenay Les bijoux anciens et modernes, p. 55.

3. J. Arneth, Die Cinque-Cento Cameen ^h H'ien, pi. XXII; E. von Sacken, dans le Jahrbuch ché, t. II, 1884, p. 59 et pi. III, fig. 7.

KHMl'; D ANJOU HT Ul XV"' SIl'iCI.i; FRANÇAIS II9

Dans la colk'clion Spitzer, dispersée en 189;, se trouvait une bague en or, avec deuN. gemmes gravées au chaton : une cornaline représentant un aigle, et sur un saphir, une tête de femme de profil. Autour du chaton, la légende : ^ GVIDETI DE CAS- TILIONE '. Nous en rapprocherons une bague que le baron J. Pichon a ainsi décrite : « Bague en or; chaton en forme de coupelle, sertie d'un petit camée en grenat (tête de chérubin tournée de trois quarts à gauche) '. » Ces deux monuments que je ne connais que par leur description, sont, suivant toute apparence, de travail français.

Dans tous les cas, on ne saurait méconnaître une œuvre française ou bourguignonne dans cette description extraite de l'Inventaire du Trésor de Charles le Téméraire, en 1477 : « Ung bouclier de fer garnv d'or, et au milieu ung camahieu d'un lyon entre trois fusilz. » Les trois briquets, emblème adopté par le duc de Bourgogne, Philippe le Bon (7 1467), démontrent que le camée décrit avait été gravé pour ce prince par quelque artiste contemporain '.

C'est encore à la seconde moitié du xv"-' siècle français qu'appartient un groupe important de camées sur coquilles, exécutés sinon parle même maître, du moins par la même école, sous l'influence déjà prépondérante à cette époque, de l'art italien. Les uns décoraient jadis la châsse de sainte Geneviève, de Paris, détruite en 1793 \ Ils représentent PyrameetThisbé[Pl. 'VIII, fig. 1], Bethsabée au bain [PL VIU, fig. 2] et Lucrèce se poignardant [PL VIU, fig. 3]. Les inscriptions gravées dans le champ, à côté des figures, ne laissent aucun doute sur l'interprétation des sujets, d'ailleurs fré-

1. Catalogue des objets d'art et de haute cttriositè composant lu collcctio'i Spit~er (Citalogji de vente, 1893, in-40), t. II, p. 55, n» 1877.

2. Collections du baron Jérôme Pichon. Objets antiques. C'italogue, n° 100.

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