‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 71 sur 155 · E. Babelon, Catalogue, n°5 402 et · texte numérisé non relu

E. Babelon, Catalogue, n°5 402 et

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Bethlccm, la gravité pieuse des trois Rois qui s'avancent et s'inclinent devant l'Enfant Jésus. Dans le second, dont les deux tableaux allégoriques sont séparés par un arhre gigantesque à branches desséchées d'un côté, couvertes de ieuillage de l'autre, on sera émerveillé de la grandeur et de la beauté de la gemme, du nombre des personnages, de la profondeur donnée à ces petites scènes où l'on reconnaît : Moïse agenouillé et recevant les Tables de la Loi ; Adam et Eve et le serpent tentateur; les tentes des Israélites campés derrière la colonne sur laquelle s'agite le serpent d'airain; sous l'Arbre de la science du bien et du mal, un squelette dans un tombeau entrouvert. De l'autre côté, c'est la Vierge agenouillée recevant la visite delà Colombe; la scène du Calvaire; l'Agneau pascal; l'Antie annonçant aux bertrers la venue du Sauveur; le Christ triomphant sortant du tombeau, enseignant au monde sa doctrine et terrassant le démon; au premier plan, l'homme régénéré entre un prophète juif et saint Jean-Baptiste qui lui montre les scènes de la Rédemption. Ce vaste tableau symbolique se trouve aussi dans les miniatures françaises et allemandes du xv-' siècle, et un peu plus tard, après Luther, les Bibles protestantes en Allemagne, seront souvent illustrées de cette même image plus ou moins abrégée. Mais fliut-il conclure de là que l'œuvre de glyptique est plutôt française ou allemande qu'italienne; faut-il ajouter qu'une certaine sécheresse dans le style des deux camées dont nous venons de parler semble contraster avec la grâce souple, l'ampleur et la liberté d'allures de l'art italien à la fin du xv-' siècle? Qui oserait être tout à fait affirmatif sur ces points délicats?

Si de telles œuvres n'ont pas de patrie, on ne saurait dire à plus forte raison à quelle école ou à quels artistes on les doit, car pour aucun des monuments que nous avons énumérés dans ce chapitre, il n'est possible de citer un nom de fabrique, et les

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graveurs de l'époque du roi René comme ceux du temps de son grand-père Louis I" d'Anjou, demeurent ignorés de l'histoire. Pourtant, faut-il reconnaître un graveur sur pierres fines ou un simple marchand de gemmes dans un certain Jehan Barbedor, signalé en 1494 dans le passage suivant des Comptes royaux : « A Jehan Barbedor, marchant geôlier demourant à Paris..., pour ung camaieul pesans trois onces et demye d'or, auquel y a trois grands camayeulx, dont l'un est une face de Nostre-Dame, le segond saint Michiel, et le tiers la pourtréture de la face du feu roys Loys (Louis XI) dcrrenier décédé. » ' Quelle que soit la profession de Barbedor, il est certain, par ce portrait de Louis XI, que les camées qu'il vend au Roi sont des œuvres françaises et contemporaines, mais c'est tout ce qu'il est permis d'affirmer.

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