CHAPITRE VII Matteo dal Nassaro et la Renaissance française
Aux XIII"' et xiv-' siècles. l'Italie était singulièrement en retard sur la l-'rance au point de vue du développement artistique. Mais peu après, tandis que les malheurs de la iin du règne de Charles \'I frappaient chez nous, d'un arrêt de mort, le merveilleux épanouissement auquel nous avons assisté, on vit, au contraire, se dessiner et prendre corps, au delà des Alpes, les premières manifestations d'un mouvement original et spontané, qui était destiné à se substituer, dans tout l'Occident de l'Europe, à l'art et à la pensée gothiques. Sous l'impulsion de Pétrarque (7 1374), on commença à comprendre réellement l'antiquité, à en interroger les restes avec critique, pour leur demander compte, à eux-mêmes, de leur origine et de leur passé véritable; à les recueillir, non plus seulement à tittre de bijoux aptes à servir à la décoration de meubles ou de reliquaires, mais comme des produits authentiques, de vivants témoins des civilisations païennes, dignes d'être des sujets d'étude pour les humanistes, les artistes et les historiens.
Bientôt, papes et princes, prélats et grands seigneurs, bourgeois, gens de robe et d'épée, tous se mettent à recueillir les antiques, se forment des galeries d'œuvres d'art, de véritables musées; les camées et intailles des Grecs et des Romains sont au premier rang des préoccupations de ces curieux et de ces ama-