MATTEO DAL NASSARO ET LA RENAISSANCE FRANÇAISE I
sancc italienne, que souvent il est impossible de distinguer leurs ouvrages de ceux que l'antiquité nous a légués. Par surcroît d'embarras pour nous, un grand nombre d'entre eux se sont fait une célébrité, non seulement comme imitateurs de l'antique, mais comme particulièrement habiles à retoucher et à retravailler les gemmes antiques. Que dis-je! parfois, les artistes de la Renaissance se sont amusés à graver sur les gemmes antiques, des noms de lithoglyphes anciens auxquels ils croyaient pouvoir attribuer ces œuvres. Ils sont même allés plus loin encore : sur les plus achevés de leurs propres ouvrages, ils ont, mus par un sentiment d'inconcevable abnégation, inscrit, à la place de leur nom, celui d'artistes de l'antiquité, de sorte que, dans ce dernier cas, tout est moderne dans le goût antique, l'œuvre et la signature. De tels procédés qui jettent la perturbation dans la critique des pierres gravées, ont été pratiqués couramment, non seulement au xvi"-" siècle, mais dans les temps plus rapprochés de nous, surtout à la fin du xviii^ siècle et au commencement du xix'^, par les Sirletti, les Natter, les Fichier, ces dignes continuateurs de la Renaissance italienne.
Cette déplorable manie de la contrefaçon n'a jamais empêché les amateurs d'autrefois, qui ne se plaçaient pas au même point de vue que nous, de collectionner, aussi bien que les antiques, les gemmes qu'on gravait sous leurs yeux ou grâce à leurs encouragements, car chacun d'eux tenait à avoir une imitation ou une reproduction des gemmes qu'il ne pouvait posséder en original.
Les camées et les intailles sont un luxe d'écrin comme le prouvent les célèbres dactyliothèquesd'un Paul II, d'un Cosme et d'un Laurent de Médicis, d'un Fulvio Orsini;en même temps, ils restent l'indispensable et principal élément de la parure masculine et féminine. La mode est aux camées environnés d'élégantes montures d'or ciselé et émaillé, parsemées de pierres pré-