MATTEO DAI. XASSARO ET LA REXAISSANXE FRANÇAISE
leurs d'un nouveau genre. Ils les recherchent avec passion, se les disputent même parfois avec âpreté, et puis ils commandent sans compter des imitations d'antiques aux graveurs contemporains qui, ainsi stimulés, deviennent de plus en plus nombreux.
Le Florentin Benedetto Pcruzzi, singoltirc intagliatorc ili piclrc. connu surtout pour avoir contrefait le sceau de Charles de Durazzo en 1379 ', est le premier de cette pléiade d'artistes qui, en Italie, durant un siècle et demi, vont mettre à la mode les produits de la glyptique et s'efforceront dans leurs œuvres d'atteindre la pureté de dessin et l'habileté technique si justement admirées dans les plus belles gemmes de l'antiquité.
Il serait hors de propos, dans un petit livre consacré à l'histoire de la glyptique en France, de faire le tableau de l'essor que prit cet art en Italie à partir du milieu du xv^ siècle, de rechercher quels furent les riches et puissants amateurs qui, à côté des Laurent de Médicis, des Paul II et des Léon X, encouragèrent et soutinrent les artistes, de raconter la vie ou de décrire les travaux des Domenico Compagni, des Giovanni Bernardi, des Valerio \'icentini, des Pier .\Ltria da Pescia et de trente autres, leurs dignes émules ou leurs disciples -.
La constante préoccupation de ces artistes et de ces collectionneurs, c'est, pour les uns. de graver aussi bien que le faisaient les maîtres anciens, de les surpasser même en traitant des sujets pareils; pour les autres, de posséder des gemmes antiques ou, à leur défaut, des gemmes modernes si bien imitées qu'elles pussent passer pour antiques. Ce double rêve fut réalisé avec une perfection qu'aucune autre époque n'a jamais dépassée. Tel était, en effet, l'habileté d'imitation de ces artistes de la Renais-
1. Cicognara, Storia délia scultiira, t. II, p. 591 ; King, Antique Geim, t. I, p. 412 ; Eug. Mùntz, Hiitoire de l'art pendant la Renaissance, t. I, p. 695.
2. Voyez surtout notre Introduction au Catalogne des camées antiques et modernes de la Bibliothèque nationale, p. LXXXil et suiv.