‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 78 sur 155 · J. Mariette, Traité des pierres grai'ées, t. II. pi · texte numérisé non relu

J. Mariette, Traité des pierres grai'ées, t. II. pi

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serait la tameuse « Bataille de Constantin » au pont Milvius, peinte d'après le dessin de Raphaël dans la salle dite de Constantin au Vatican. Si cette interprétation est exacte, il faut ajouter que Matteo s'est simplement inspiré de la peinture sans s'astreindre à une reproduction fidèle. On a aussi attribué à Matteo un camée de la collection impériale de \'ienne qui représente Noé et les animaux au sortir de l'arche '.

Après la bataille de Pavic, en 1325, et la captivité de François I", Matteo dut s'en retourner en Italie. xMais le roi de France ayant bientôt recouvré sa liberté, le rappelait dès l'année suivante. Le \'ér(')nais reprit le chemin de Paris, et François I" lui paya sa pension même pour le temps qu'il avait passé en Italie. Matteo se maria dans notre pays et eut plusieurs enfants. Il grava à cette époque des monnaies, des médailles et des gemmes, ce pourquoi il touchait une pension annuelle de 500 écus d'or au soleil, somme considérable pour le temps, sans compter des gratifications extraordinaires. Notre artiste qui figure dans les Comptes des .Menus plaisirs en 1529, travaillait non seulement pour le Roi, mais pour les gentilshommes de son entourage, et même dans ses rapports avec eux, il paraît n'avoir pas toujours été d'humeur très accommodante. Un jour, « il advint, raconte M. de La Tour, qu'un seigneur, après avoir commandé un camée, n'offrit à l'artiste, au moment de la livraison qu'un prix jugé misérable par celui-ci. Matteo, humilié, veut faire cadeau du camée; le seigneur refuse, et notre Matteo, furieux, brise la pierre à coups de marteau ».

C'est peut-être à Matteo dal Nassaro qu'on doit attribuer une magnifique aiguière du Musée du Louvre en cristal de roche, montée en vermeil et aux armes de Bourbon, ce qui ferait croire qu'elle a été exécutée pour le connétable de Bourbon, mort si misérablement en 1527 '.

1. J. Anieth, Die Ci>hiu,--ceiito Caiihtii, p. 42 et pi. 1, 27.

2. Rn'iif rie Tart ainu-u et nwileme, 3'' aniite, t. ^', 10 avril 1899, p. 551-532.

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