M. Prou, La Gaule iin'ron.'ingienne, p. 15, fig
5. Trouvé à Cranians, canton de Villers-Farlav (Jura). Chabeuf. Revue de l'art chrétien, 1896, p. 487.
6. Vovez, entre autres, une intaille orientale du Cabinet Je La Haye, qui représente l'entrée de Jésu.s à Jérusalem (Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1896, p. 194); une autre intaille. du Cabinet des Médailles, ayant les bustes des apôtres Pierre et Paul, avec le nom ANOYBICON {Bulletin cité, 1898, p. 376); enfin, une troisième, en cristal de roclie, où figure une Victoire tenant un globe crucigère ; cette dernière a été trouvée en Chypre par M. C. Enlart qui en a foit don au Cabinet des Médailles (Bulletin cité, 1897, p. 274).
7. H. Baudot, dans les Mémoires de lacomniission archéol. de la Côte-d'Or, t. V, 1857- 1860, p. 167 et pi. XII, fig. I (en couleurs) ; M. Prou, La Gaule mérovingienne, p. 39, fig. 28. Je dois la photographie reproduite sur notre pi. 1, fig. 10, à l'obligeance de M. S. Reinach.
EPOQUE MEROVINGIENNE 9
de tcmmu. Que ce camée remonte à une époque antérieure à sa monture ou qu'il en soit contemporain, il n'a plus de style et l'on doit reconnaître en lui, comme dans les têtes de iMinerve citées plus haut, un échantillon d'une industrie harbare à laquelle le terme d'art ne saurait vraiment plus s'appliquer.
C'est à peine, également, si nous osons faire rentrer dans l'art du lithoglvphe les boucles de ceinturon, les prismes polygonaux et les sphères ou boules en cristal de roche, quelquesunes en calcédoine, sans autres ornements que des cercles intaillés sur leur surface, qu'on a découverts dans un certain nombre de sépultures barbares, sur les bords du Rhin et de la Meuse, en Bourgogne, dans la Charente, en Normandie et jusqu'en Danemark et en Angleterre '. Une de ces boules s'est rencontrée dans le tombeau du roi Childéric (ci-contre, fig. 5) \ L'armature métallique dont plusieurs sont encore enveloppées — • notamment celles des musées d'Arras, de Namur et de Mayence (ci-aprés, fig. 6 et 7) ', — démontre que ces objets étaient suspendus sur la poitrine à titre d'ornement décoratif, comme la hiilla et les camées des Romains. Celle du musée de Namur, trouvée à
Fis. 5-
Hiiiilc cil crist.il Je roclic Je ('.liilJéric I"
1. L. Lindenschmidt, Die Altertbïumr iinscrer heidnischen Voijeit, t. II, Hcft XII, pi. VI, fig. 6 et 12; Brvan Faussett et Roach Smith, Invenlorium sépulcrale, f. xxvii et 42; M. Prou, La Gaule niàcvingienne, p. 28.
2. L'abbé Cocliet, Le tombeau de Childéric /=r, p. 299 et suiv.
3. D'après L. LindenscliniiJt, t. H, Hcft XII, pi. V, fig. 6, et Tabhé Cochet, op. cit., p. 302 (du musée d'Arras).
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HPOQUE MEROVIXGIEXXE
Rognée, formait la pendeloque centrale d'un collier de verroteries, dans une sépulture de femme. Une autre enfin, recueillie dans une tombe barbare, à Aarslev, près Odense en Danemark, porte, gravée surson pourtour, une formule magique. ABAASANAABA. qu'on retrouve fréquemment sur les intailles et autres monuments
Fig 6 et 7. — Boules en cristal de roche des musées d'Arr.is et de Mavence.
gnostiques si répandus dans le moyen âge occidental '. Il en est qui affectent la forme de larme allongée ou la forme ovoïde; les plus grosses ont un diamètre de 35 millimètres '. Les prismes polygonaux dont nous reproduisons un échantillon du musée de Mayence (ci-contre, fig. 8) "', sont percés d'un trou qui permettait
1. Heinrich ^\'illers, Die romischfii Bron^ecimcr von Hi-mmoor, p. j8 (Hanovre, 1901, in-40).
2. L. Lindensclimidt et M. C. Barriére-Flavy ont donné l'énumération de la plupart des boules en cristal connues jusqu'ici. Barrière-Flavy, Les arts industriels des peuples barbares, t. I, p. 220.
5. D'après L. Lindenschmidt, o/).<:i/., t.III, HeftX, pi. VI, fig. 10; voyez un autre spécimen trouvé dans une tombe mérovingienne, à Sainte-Sabine (Côte-d'Or), dans les Mémoires delà lOiiiuiission des Aiiliqiiités de la Cote-cTOr, t. V, p. 282.
Prisme en cristal de roche du musée de Mayence.
r;poQun .mi;uovi\c;ii;\xe ii
de les enfiler dans un collier. Quant aux boucles de ceinturon en cristal de roche, avec ardillon métallique, plusieurs ont été trt)Uvées dans des tombeaux de la région rhénane (ci-aprés, fig. 9, 10 et II) '; il y a peu d'années la nécropole mérovingienne de Herpès (Charente) en a fourni une remarquable, avec un ardillon de fer incrusté d"or et de trois pierres dures; elle accompagnait les armes rig. s. décorées de verroteries, qui complétaient les vêtements de parade nuirtuaire d'un guerrier de haut rang '.
Par une conséquence toute naturelle, tandis que la glyptique était ainsi à peu prés abandonnée, on vit se développer à son détriment, dés les derniers siècles de l'empire d'Occident, un art qui, bien que n'étant pas nouveau, eut une tendance à la remplacer, parce que ses produits étaient d'une exécution technique plus facile, tout en répondant aux mêmes usages décoratifs : c'est la verrerie et la gravure sur verre, qui furent particulièrement florissantes sur les bords du Rhin et dans toute l'Austrasie, depuis le w" siècle jusqu'aux temps carolingiens. Incapables, ou à peu près, d'intailler un sujet sur l'onyx ou le cristal, les artisans de l'époque franque durent se borner à recourir au procédé de la falsification ou de l'imitation des gemmes en pâte de verre. « Les Barbares, dit justement M. A. Béquet, avaient gagné, dans leurs rapports avec les Romains, un goût prononcé pour les pierres
1. D'après LindensLhmidt, op. cit., t. III, Hcft X, pi. VI, n" i, 2et 3 ; C. Barriére- Flavv, op. cit., t. I, p. 144.
2. Ph. Delamain, Bulletin de la Sociétc des Antiquaires de France, 1896, p. 554 ; C. Barrière-Flavy, op. cit., t. I, p. 14;. Cette boucle en cristal de roche fait maintenant partie de la riche collection de M. Ernest Guilhou, au château de Laclau (Basses-Pyrénées).
EPOQUE MHROVIXGIEWE
précieuses. Lorsqu'ils ne pouvaient pas s'en procurer, ils les remplaçaient par des pâtes de verre qu'ils coloraient à l'aide d'oxydes métalliques, afin de leur donner l'aspect de pierres précieuses. Ils imitèrent ainsi l'émeraude, le grenat, le saphir ' ». Des sur-
Fig. q. lo et II. — Boucles de ceinturons en cristil de roche. .Musée de Mayence.
moulages en pâte de verre, pris sur de véritables gemmes, leur fournissaient des reproductions fidèles et durables des camées et des intailles antiques -. En cela encore ils ne firent qu'imiter les Anciens chez lesquels les fausses gemmes en pâte de verre étaient
1. A. Béquet, dans les Annales de la Sociélé archéolc^ique Je Namiir, t. XX. p. 210.
2. C. Barrière-Flavv, op. cit., t. I, p. 96; A. Béquet, loc. cit., p. 213.
KPoaui-; mi;kovi\gienn'e
déjà très répandues. Je n'en veux citer qu'un exemple siG,nilic;itil, emprunté au rielie musée de X.unur : c'est un taux camée en verre bleu foncé, opaque, trouvé en 1885 à W'ancennes, près Bcauraing, dans un tombeau de l'époque romaine. Il représente une tête de Méduse de face, de bon style, sertie en libule dans une monture circulaire ornée, qui porte l'inscription barbare : PERSEVS CONCIDERAD CAPVD GORGONIS '. Nous vérifions ainsi que la tète de Gorgone ou de Méduse était, dés l'antiquité, investie du rôle magique et talismanique qu'elle conservera sur les camées et les intailles durant tout le moyen âge ".
Il V a, au musée (Carnavalet, à Paris, un collier trouvé dans une tombe mérovingienne, qui est composé de perles en pâtes vitreuses de diverses couleurs, avec une pendeloque centrale formée d'un camée de même matière. Ce faux camée, de couleur brune, obtenu par le procédé du surmoulaire, représente une tête de temme.
probablement une tète de Méduse, de face, avec une abondante cbevelure; le style en est barbare, les parties les plus saillantes ont été usées par un frottement prolongé.
Les Barbares occidentaux savaient aussi fabriquer de faux camées en i-ig. 12. — Cim^e en verre nié. cii.\sse
du Trésor de Saint-Maurice dWgaune.
verre filé. Le Trésor de l'ahbaye de
Saint-Maurice en ^"alais possède une châsse mérovingienne
dont la paroi principale est ornée d'un camée, de style fort gros-
1. .\ltVfd BOquct, dans les Aniiahs de la Société archéologique de Kamur, t. XVI, 1883, p. 370. M. Béquet a bien voulu revoir pour nous et corriger la lecture du texte de cette curieuse inscription.