E. Babelon, Catalogue, w^ 321 et
3. PourOî non comminuetis ex co (S. Joann., XIX, ;6). Edmond Le Blant, 7/0 inscriptions de picires gravées, p. 130,111' 538.
4. Edmond Le Blant, op. cit., p. 75 et suiv. ; E. Babelon, op. cit, p. 187.
liPOCIL'i; MKROVIXGIENXE 3
Quant aux cachets en inldillr, c'cst-à-dirc gravés en creux, si l'industrie les produit toujours en abondance sur la cornaline, le jaspe, rhématite, le cristal de roche, ils ne nous oflVent plus que des types vulgaires, lourdement imités des anciens, tels que la Fortune, l'Abondance, la Paix, la "Victoire, des quadrupèdes, des insectes, des oiseaux, des poissons. Il n'y a plus de portraits. Le dernier que nous puissions citer remonte aux premières années du V^ siècle : c'est le saphir du Cabinet impérial de Vienne qui servit de sceau au roi des W'isigoths, Alaric, mort en 410 [PL I, fig. 5]. Cette belle gemme, dans laquelle se reflète, pour la dernière fois, le génie antique, représente le buste royal, de lace, dans le costume que donnent les monnaies aux successeurs de Théodose. Autour du buste est gravée la légende : ALARICVS REX GOTHORVM '. Parla forme, la technique, la matière, la disposition de la figure et de la légende, c'est l'œuvre d'un artiste romain. Mais Alaric, qui affichait comme les autres barbares, la prétention d'entrer de force dans la civilisation romaine, est antérieur d'un siècle à Clovis. Dans cet intervalle, la décadence irrémédiable ne fit que s'accentuer chaque jour davantage, et les graveurs des cachets sur gemmes en arrivèrent à se montrer à peine à la hauteur des graveurs des sceaux métalliques et des coins monétaires contemporains. On peut apprécier la décrépitude générale en mettant en parallèle, par exemple, le saphir d'Alaric avec le sceau en or (non en pierre fine) de Childéric I"' qui, pourtant, représente aussi le buste royal, de face.
1. Le sceau d'Alaric appartint d'abord -i un certain Ulrich, comte de Momtort, mort en 1574. Il passa dans la célèbre collection Ambras, d'où il a ensuite été transféré au Cabinet impérial de Vienne. Voyez Millin, Mai^'asiii cncydopcdiqiu, i8li,t. III, p. 265; Hermann RoUet, dans Bruno Bûcher, Gcschichtc dcr technischen Kïinste, t. I, p. 326 ; E. von Sacken, dans \e Jahrhuch ilcr Kunslhistorisdicn Sammhingm des a. h. Kaiscrhauses in Wiai, t. II, p. 53 à 35, et pi. m, fig. I.
2. L'abbé Cochet, Le loiiibeuii de Childèrk I", p. 369; M. Prou, La Gaule mérovingienne, ip. 34, fig. 25 ; M. Deloche, Les anneaux sigillaiies, p. 189; C. Barrière-Flavy, Les
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à mi-corps, avec des orncmcnls semblables, suivant les mêmes traditions et les mêmes conceptions esthétiques (ci-contre, fig. i). J'ai remarqué, au musée de Bonn, une grosse bague en cristal de roche, trouvée à Hausweiler dans une tombe du v^ ou du vi" siècle ; au chaton de cet anneau de pierre est gravée une ^'énus armée, debout, de profil, s'appuyant sur un cippe et tenant son casque à la main. C'est une imitation pénible et Fig. I. — Sceau en or du incorrcctc de la \'én us armée, type classique
roi Cliildcric l^^ • - ^ i i - • i •
souvent traite a la bonne époque, aussi bien dans la grande sculpture que dans la gravure des gemmes et des coins monétaires '. Par cet exemple, on peut juger, comme avec les camées dont nous parlions tout à l'heure, de l'inexpérience lamentable où étaient tombés les lithoglyphes, même pour la simple copie des tvpes traditionnels les plus bannaux. Les sujets chrétiens aussi, sont loin de présenter l'intérêt archéologique ou artistique qu'ils offraient à l'époque constantinienne. A la place de types variés, tels que le Bon Pasteur, la barque de Pierre, l'Agneau, l'entrée de Jésus à Jérusalem, Daniel dans la fosse aux lions, les bustes du Christ ou des apôtres Pierre et Paul, dans lesquels on pouvait encore reconnaître certaines qualités de stvle les rattachant aux anciennes écoles -', ce ne sont
arts iiidustrieh des peuples haibares île la Gaule, t. I, p. 77. Nous rappellerons que le sceau en or de Childéric disparut dans le grand vol dont le Cabinet des Médailles fut l'objet en 1831 ; mais des empreintes prises sur l'original, antérieurement au vol, ont permis d'exécuter une reproduction galvanoplastique d'après laquelle a été faite l'image que nous donnons ici. Je doute de l'authenticité d'une intaille sur chrvsolithe qui représente le buste casqué et cuirassé de Romulus Augustule, de face, accompagné de la légende ROMV- LVS MOMILLVS (li'iut. 4 cent.). Cette intaille est reproduite à la p. 8, n" 32, du catalogue d'une vente à'Autiquiiés faite à Paris, par H. Hoft'mann, expert, le 30 mai 1888.
1. Comparez Chabouillct, Calai, des camées, etc, n" 1552 à 1574.
2. \'oir les gemmes chrétiennes réunies dans L. Perret, Les catacombes de Rome, t. IV, pi. XVI ; Chabouillet, Catalogue, n^s 2165 et suiv. ; E. Le Blant, dans le Bulletin arclk'ol. de
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plus guère que des pastiches des tvpes monétaires contemporains les plus vulgaires, des croix, des couronnes, des palmes, des monogrammes analogues à ceux qui figurent sur les anneaux à chatons métalliques ou sur certaines monnaies franques, burgondes ou ostrogothes.
L'usage qui s'introduit, dès le commencement de la période barbare, d'inscrire le nom du possesseur d'un anneau sigillaire, non plus sur la pierre elle-même, mais sur la sertissure métallique qui en forme l'encadrement, est une preuve palpable de l'impuissance technique des graveurs de ce temps, car, à l'époque romaine et comme nous le constatons encore sur le sceau d'Alaric, le nom des propriétaires des cachets était gravé, presque toujours, sur la gemme elle-même. Quand saint Avit (-|- 523), à Vienne, en Dauphiné, c'est-à-dire dans une des contrées où s'étaient le mieux conservées les traditions romaines, donne des instructions pour la labrication de son anneau épiscopal, il ordonne que la gemme du chaton, une prime d'émeraude (l'ernans lapis), porte seulement en gravure le monogramme de son nom; le nom entier de l'évêque devra être inscrit sur le cadre en or dans lequel la pierre sera enchâssée '.
TAtheneuni français, 1856, p. 9 et suiv.,etpl. I ; le même, Les inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. I, p. 156, 'note ; p. 370, n" 9 ; pp. 420 à 422 ; le même, Rev. archèoL, 1883, I, p. 500, et pi. XII, fig. I et 4 ; le même, 7/0 inscriptions de pierres gravées, p. 121 ; C. W. King, Antique gems and rings, t. II, p. 24 et suiv. ; C. Roach Smith, CoUectauea antiqua, t. II, 1852, p. 122; Drury Fortnum, dansVArchaeological Journal, 1885, t. XLII, p. 159; J. B. de Rossi, Bulletin d'archéologie chrétienne, éd. franc., 1870, p. 77 et pi. IV, fig. 13 ; Martignv, Dictionn. des antiq. chrét., p. 648, 655, 751; F. X. Kraus, Realencyclop. d. christ. Alterthums, \° Steine ; Garrucci, Storia délia arte cristiana, t. VI, p. 477 et 478 ; Ed. von Sacken, dans le Jahrbuch der Kunsthistorischen Samnilungen des a. d. Kaiserhauses in Wien, t. II, 1884, p. 35 et pi. III, fig. 2 et 3 ; E. Babelon, Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1896, p. 194; 1897, p. 274; 1898, p. 376. Un grand nombre de ces gemmes sont de travail oriental.
I. S. .-^vit. Epist. LXXVIII, éd. Migne (?<///«/. ht., t. LIX, p. 280); cf. Edm. Le Blant, Les inscript, chrét. de la Gaule, t. II, p. 50 ; Max Deloche, dans la Rev. archéol., 1884,1, p. 145, et 1886, II, p. 313; le même, Les anneaux sigillaires, p. XL vu.
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Les bagues de l'époque mérovingienne parvenues jusqu'à nos jours, permettent de se faire une idée exacte de ce que devait être le sceau de saint Avit. Parmi les plus remarquables est celle du médecin Donobertus (ci-contre, fig. 2) : c'est une cornaline de la basse époque romaine dont le sujet, très barbare, est la Fortune debout. Sur le rebord métallique qui forme l'encadrement de la gemme, on lit : + D0N08ERTVS FEET MDICMT (^Doiiobcrtiis fi'cit iiiccliidincnliun)' . Un autre anneau mérovingien, trouvé près de Saintes, est formé d'une sardoine romaine sur laquelle sont gravés deux chevaux à l'abreuvoir; sur la sertissure métallique, le nom du possesseur : CRODOLENO\ Citons encore le cachet de Leodenus (ci-contre, fig. 3), dont le chaton est un grenat intaillé d'une colombe, le nom
- Cachet du médecin Donobertus.
du possesseur étant sur la monture : + LEODENVS VIVS DO {LiVilcniis vivat (iii) Dcoy\ Quant au monogramme du nom de saint Avit, nous pouvons présumer qu'il était gravé sur la gemme, comme l'est un autre monogramme sur une cornaline contemporaine où l'on
Fig. î. — C.tchct de Leodenus.
1. Trouve à Saint-Chamont (Corrèze), cet anneau a fait partie de la collection de M. Deloche. M. Deloche, Rtn\ archccl., N.S. t. XL, p. 19-20; le même. Les anneaux sigiUaires, p. 259; Lecov de la Marche, Les Sceaux, p. 18; E. Bahelon, La gravure en pierres fines, p. 268.
2. Au Cabinet des Médailles; cl'. M. MAochi:., Les anneaux sigiUaires, p. 274.
3. M. Deloche, Lei anneaux sigiUaires, p. 143 ; E. Babelon, La gravure en pierres fines, p. 209.
iTooL'i; MiniovixGiHXNi-;
voit une colombe, une p.ilnie cl une couronne entourant un groupe de lettres dont il est impossible de donner la clef [PI. I, fig. 6|'.
La bague dite de saint Arnoul. évêque de Metz (614-626), conservée dans le trésor de la cathédrale de cette ville, a, au chaton, une intaillc qui parait bien être des temps mérovingiens; le sujet, dans tous les cas, en est chrétien (ci-contre, fig. 4). C'est une agate blonde sur laquelle est gravée une nasse où s'engage un poisson; dcu.\ autres poissons, à droite et à gauche, se dirigent du côtéde Tinstrumcnt dépêche qui symbolise l'Église chrétienne '. Le travail est si grossier et les poissons sont dessinés avec tant d'inexpérience que certains auteurs ont prétendu v voirtrois langoustes ou même trois pommes de pin. Une vieille légende racontait que Fig. 4. - Cche, de s..i„t .^moui, cet anneau, jeté dans la Moselle, fut évc-que de Metz.
retrouvé, comme celui de Polvcrate, dans le ventre d'un poisson.
C'est peut-être vers le même temps qu'il faut classer deux intaillcs chrétiennes données par Hdmond Le Blant au Cabinet des Médailles. L'une, sur jaspe rouge, représente Jésus ou un apôtre tenanfune longue croix et bénissant [PI. I, fig. 7J ; l'autre, une cornaline, a pour tvpe une ancre entre une larve et une écrevisse [PI. L fig. 8].
Saint Lloi. qui mourut en 659, avait, dit-on, un sceau en cristal de roche, avec une monture en argent doré, qui fut conservé dans le trésor de la cathédrale de Xovon jusqu'à la Révo-
1. Chabouillet, Calalogw, n"2l67 ; E. Babelon, Lagravurc en pierres fines, p. i86.
2. Ch. Abel, dans les Mémoires lus à la Sorhonne, en iS6) (Archéologie), p. 2S9 et suiv., 295 à 297 ; Edm. Le BUmt, Les inscriptions chrétiennes de lu Gtiiile, t. 1, p. 420 à 422 ; M. Deloche, Etude sur les anneaux sigillaires, p. 85 à 87.
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lution, mais nous ne savons pas quel était le sujet gravé sur la gemme ni même quel degré de confiance mérite cette tradition '.
Au VU'' siècle appartient une cornaline sur laquelle sont figurés deux personnages qui soutiennent entre eux une croix, haussée sur un long pied ' |P1. I, fig. 9). Des monnaies mérovingiennes au même type ', des bas-reliefs des musées de Xarbonne ■* et de Dijon '. permettent de dater cette dernière intaille avec une certaine précision. La glyptique orientale, à la même époque, c'est-àdire au temps de la dynastie d'Héraclius, n"enfantait pas de meilleures productions '.
Le musée de Saint-Germain possède une remarquable fibule trouvée dans une sépulture mérovingienne de Charnay (Coted"Or); elle se compose essentiellement d'une croix en mosaïque cloisonnée, au centre de laquelle est serti un camée ■ [PL I, fig. 10]. C'est un onvx à trois couches, représentant une tête humaine de profil, à cheveux longs et lisses, rejetés sur le cou et retenus par un bandeau. La barbarie du travail est telle qu'on ne saurait même dire s'il s'agit d'une tête d'homme ou d'une tête