‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 92 sur 155 · E. Babclon, Catalogue, n · texte numérisé non relu

E. Babclon, Catalogue, n

3. J. Guiffrey, Comptes des Bâtiments du Roi, t. I, pp. 289, 586, 445 à 447, 559, etc.

4. J. Guiffrey, op. cit., t. II. p. 1091 et 1143 ; E. Babelon, Catalogue des Camées, etc. Introd., p. cxxix.

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toutes tonnes en cristal de roche, en onvx ou en jaspe, d'un goût qui n'est pas toujours pur, ranLi;és aujourd'hui sous les vitrines de la Galerie d'Apollon. Ainsi, toutes ces coupes gravées et historiées, ornées de splcndides montures d'orfèvrerie, sont bien, comme on le dit, de la Renaissance italienne, mais elles ne sont point, sauf quelques exceptions, entrées dans la collection royale sous François l" et ses successeurs immédiats. On les doit à Louis Xl\' qui, continuant l'œuvre commencée par Henri IV, prit à tâche de reconstituer le Trésor saccagé pendant les guerres de Religion. La suite rassemblée par Louis XI\' était bien plus considérable encore que ne l'est aujourd'hui la galerie d'Apollon; mais le puissant monarque crut devoir en distraire une bonne part pour en faire cadeau à son petit-fils, Philippe ^^ partant pour aller s'asseoir sur le trône de Charles-Quint : telle est l'origine d'une partie de la galerie du Prado, à Madrid '.

Si donc, dans les Comptes des Bdliiiii'iits nous ne trouvons la mention d'aucun graveur sur pierres fines, ce n'est point par suite de l'inditférence du Roi. Il n'y avait plus de graveurs en France; les pierres précieuses taillées à facettes l'emportaient dans le goût public : ni les joailliers ni les nombreux médailleurs du xvn*^ siècle ne songèrent, à quelques exceptions près, à s'adonner à la gravure des gemmes en relief ou en creux. Jean \\'arin, élève de Guillaume Dupré, et graveur officiel des coins monétaires à partir de 1646, ne paraît pas avoir gravé les pierres fines. Ainsi en est-il également de cette pléiade d'artistes à qui l'on doit les médailles du règne de Louis XIV, tels que J. Manger, Lorfelin, Molart, H. Roussel, François Chéron, Duiour, Bertinet, Th. Bernard, Clérion. J. Duvivier, J. Roettiers et vingt autres. On ne saurait attribuer ni camées ni intailles à ces habiles graveurs sur métal.

I. Eni. Moliiiicr, dans la Revue de l'art ancien et moderne, y année, t. V, lO avril 1899, p. 326-327.

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II V a pourtant une exception : elle est en laveur d'un artiste que 1. Mariette appelle Rey et qui, peu encouragé à Paris, alla s'établir à Rome où il acquit une certaine notoriété comme graveur en pierres fines; on vantait beaucoup, dans ce genre, son cachet du marquis de Castel-san-Vito et le portrait de dom Carlo Albani, frère du pape Clément XI (1700-1721) '. Mais il n"a pas gravé que des gemmes, car nous connaissons une médaille de lui : elle représente le cardinal de Bouillon, neveu de Turenne, qui mourut à Rome en 1715. Cette médaille est signée : SVZAN DIT REY F \ ce qui donne à penser que Rey n'était pas le véritable nom de cet artiste obscur.

Les comptes rovaux nous révèlent bien les noms d'un certain nombre de graveurs de cachets de la maison du Roi, sous Louis XIV. Ce sont notamment : Pierre Chesnard (de 1674 à 1677). Paul Langlois (de 1680 à 1688), Jean Thiault (de 1680 à 1688) '; mais nous ignorons si ces fabricants de sceaux métalliques exécutèrent des camées et des intailles sur gemmes.

Le graveur Maurice dont nous avons prononcé le nom, eut à Rouen un fils qui exerça le même art avec plus de talent et mourut à la Haye en 1732, à l'âge de 80 ans '. On ne connaît pas ses œuvres. Son contemporain, Jean-Baptiste Certain, est signalé seulement comme ayant exécuté une copie de la célèbre Bacchanale de Pier Maria da Pescia qui passe pour avoir servi de cachet à Michel-Ange '. C'est probablement à l'un de ces artistes qu'il convient de faire honneur de notre portrait de Louis XI'V, gravé dans les dernières années du grand règne [PI- XII. fig. 7] *.

1. J. Mariette, Trailt', t. I, p. 140; C. \V. King, Antique gems and rings, t. I, p. 452.

2. Vovez le Tirsor rie numismatique el de gl\ftiqnc. Médailles françaises, 5e partie, p. 31 et pi. XXXIV, no 6.

5. J. J. Giiiffrev, Archives de l'art français, t. I, p. 66 à 68.

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