E. Babelon, Catalogue, n
xvii^ KT xviir' siF.ci.ns 153
Nous sommes un peai mieux renseignés sur un graveur tort à la mode durant la minorité de Louis XV, François-Julien Barier, né à Laval, le 5 1 janvier 1680, mort à Paris le 12 mai 1746 '. Au dire de Mariette, il se lit une réputation en gravant avec habileté les sujets les plus minuscules. « Il s'était tellement rendu le maître de son outil qu'on l'a vu graver des figures presque imperceptibles et cependant très distinctes. Il a quelquefois enrichi le corps de certains petits vases qu'il a gravés en creux sur des cornalines ou sur d'autres pierres fines, avec une propreté et une délicatesse qu'on pourrait dire être à lui... '. »
Cette appréciation de Mariette peut s'appliquer au vase gravé sur une cornaline du Cabinet des Médailles, qu'une tradition constante attribue à Barier [PI. XII, fig. 9]; on voit sur cette pierre un vase à deux anses et à couvercle, dont la panse est décorée d'une \'énus couchée sur les ilôts et précédée de l'Amour.
F.-J. Barier qui avait le titre de graveur du Roi, a aussi exécuté sur pierres fines un certain nombre de portraits, parmi lesquels on cite ceux du marquis Rangoni et de Fontenelle "'. Voltaire a composé un quatrain pour le portrait d'une dame dont il ne dit pas le nom, portrait gravé par Barier au chaton d'une bague :
Barier grava ces traits destinés pour vos yeux ; Avec quelque plaisir daignez les reconnaître. Les vôtres dans mon cœur furent gravés bien mieux, Mais ce tut par un plus grand maître.
Le comte de Cavlus nous apprend que Barier avait inventé, pour donner une couche artificielle à une gemme quelconque, un procédé qui nous semble aujourd'hui puéril. « L'opération