‹ Histoire de la Grèce ancienneChapitre 1 sur 90 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

11 y a un fait que je n'ai pu encore m expliquer, c'est qu'en France, où l'on a si laborieusement et depuis si longtemps étudié la littérature, les sciences, la religion, les arts et l'archéologie de la Grèce, personne n'ait songé à dresser un tableau général de la vie historique du peuple grec. Nous avons beaucoup d'ouvrages spéciaux à consulter, nous n'avons pas une seule histoire à lire.

J'ai essayé de combler une lacune regrettable. Après avoir enseigné durant quinze années cette histoire, je l'ai écrite. Si j'en croyais l'accueil fait à ce livre et les quinze mille exemplaires, qui en courent, je penserais avoir réussi. Je sais trop bien tout ce qu'exige de science et d'art un pareil travail, pour être convaincu que le succès venait, non pas du mérite, mais du besoin auquel l'ouvrage a répondu.

Cette bienveillance, que je m'explique, ne m'a pas moins imposé l'obligation de donner tous mes soins à cette édition nouvelle. J'ai lu ce qui a été publié

n AVERTISSEMENT.

d'important, durant ces dernières années, sur la Grèce ancienne1; j'ai soumis tout l'ouvrage à une révision sévère, en y ajoutant beaucoup, à ce point que je suis forcé de le mettre aujourd'hui en deux volumes in-8°; et, sans dire un adieu définitif à des études auxquelles on revient toujours, j'ai souhaité de donner à ce livre la dernière forme qu'il recevra de moi.

Lorsqu'il parut pour la première fois, le travail des savants hommes qui étaient en train de renouveler la science de l'antiquité n'était pas encore arrivé au gros du public et j'étonnai quelques personnes en montrant pour le peuple de Périclès un respect inusité, comme pour la vie stérile de Lacédémone et les agitations sans but des derniers jours de la Grèce, une sévérité qu'on ne crut pas légitime.

Le temps a marché, c'est un grand maître, dit Eschyle; je m'en suis aperçu. Je n'aurai pas l'impertinence de dire qu'on est venu à moi ; mais, l'Angleterre et PAllemagne y aidant par d'importants travaux, on a passé du côté où de longues études m'avaient poussé, et je me trouve aujourd'hui à peu près de l'avis de tout le monde.

i. Notamment les derniers volumes deGrote, le livre de Curtins, dont

le second volume m'est arrivé malheureusement trop tard, les Mémoires et les diverses publications des élèves de l'École d'Athènes, les documents qu'Athènes « Ut- même commence à nous envover, comme les Antiquités helléniques de Rangabé, et les divers travaux cle M. Beulé, les Antiquités grecques de Schœmann , les Mjrtlies héroïques de la Grèce de MF. Mùller, l'excellent ouvrage de M. Maury : Histoire des religions de la Grèce antique, etc.

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