I. Platon, Des Lois, liv. VI
par ces liens de religion et de piété filiale que nous indiquions tout à l'heure; elle emporte ses divinités, son culte, son gouvernement, souvent son nom, quelquefois ses prêtres et un symbole d'éternelle union, comme ce feu sacré que les Ioniens prirent au Prytanée d'Athènes, et qu'il n'était permis de rallumer que sur l'autel de la mère patrie. Si le danger la presse, elle lui demande un chef, un devin, les prêtres de ses dieux, ou des secours de troupes et de vaisseaux l. Quand elle-même fondait une nouvelle cité, c'était la mère patrie qui, d'ordinaire, donnait un chef aux émigrants. A ses fêtes , la colonie 'envoyait des députations et des offrandes; aux siennes, elle réservait une place d'honneur pour les citoyens de la métropole, et c'étaient ceux-ci qui goûtaient les premiers à la chair des victimes. Plus tard encore, après les guerres médiques, l'État revendiqua des droits rigoureux sur les colonies qu'il envoyait. Il ne se contenta plus des antiques rapports de bienveillance réciproque ; il ne considéra les nouvelles cités que comme des postes militaires et commerciaux qui devaient étendre son commerce et assurer sa puissance. C'est ce mode de colonisation qu'adoptèrent Athènes au siècle de Périclès, Carthage, et plus sévèrement encore la grande cité qui devait être l'héritière de tout l'ancien monde, Rome.
Les rapports des colonies entre elles , lorsqu'elles étaient nées l'une de l'autre, étaient les mêmes que ceux de la colonie avec la métropole : ainsi Épidamne était obligée de rendre à Corcyre les mêmes devoirs que Corcyre devait à Corinthe. Entre colonies d'une parenté plus éloignée , le caractère des relations dépendait de la plus ou moins grande affinité de race. Lorsque cette affinité était fort étroite, elle donnait naissance à des confédérations assez semblables aux amphice tyo .snMsii ces confédérations ne se retrouvent que chez les colonies