‹ Histoire de la Grèce ancienneChapitre 64 sur 90 · Le Scholiaste d'Apollonius, ad. If · texte numérisé non relu

Le Scholiaste d'Apollonius, ad. If

tion, qui a tant préoccupé l'antiquité païenne, et que Shelling a exprimée énergiquement par les mots de nature naturante. L'enseignement donné aux initiés paraît avoir roulé sur des notions cosmogoniques où l'on s'efforçait bien plus de pénétrer la nature des choses que celle des dieux. C'est du moins l'avis de Cicéron \

Tout le monde pouvait être initié aux mystères de Samothrace, mais après des purifications qui expiaient les crimes et passaient pour garantir dans cette vie contre le danger, et pour assurer, au delà du tombeau, une existence meilleure. Une des conditions nécessaires était la confession faite au prêtre par le récipiendaire. Lysandre et Antalcidas s'y refusèrent. Le prêtre les ayant sommés de confesser le plus grand crime qu'ils eussent commis : a Les dieux le savent, — dit le second, — c'est assez. » — « Est-ce toi ou les dieux qui l'exigent? — dit le premier. — Ce sont les dieux. — Alors retire-toi; s'ils m'interrogent, je répondrai. »

Les mystères d'Eleusis font involontairement penser à ces représentations théâtrales que le moyen âge appelait aussi, mais dans un tout autre sens, des mystères : car c'était la mise en scène de la belle et dramatique légende de Cérès et de Proserpine. Un hymne homérique nous l'a conservée'; en voici le résumé :

Proserpine, brillante de jeunesse et de beauté, jouait dans le champ Nyséen avec les filles de l'Océan et cueillait les fleurs parfumées de la prairie, quand soudain la terre s'entr'ouvre, et le dieu des enfers apparaît monté sur un char étincelant d'or. Il saisit, malgré ses pleurs, la vierge immortelle, et ses coursiers fougueux l'emportent à travers l'immensité. Sous leurs pas rapides la terre fuit, et le ciel étoile, et la mer profonde, et la

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